Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Le paiement du prix par la société intermédiaire pour le titulaire de la carte est considéré comme un prêt accordé par cette société. Tant qu’elle ne récupère pas ce prêt avec un supplément, il n’y a pas de mal à cela.
Quant aux frais fixes demandés pour l’émission de la carte de crédit, ils ne constituent pas de l’usure s’ils correspondent à des frais réels liés à l’émission de la carte et aux services qui y sont associés. Il n’y a alors aucun inconvénient à les percevoir. Ils sont comparables aux frais du mesureur ou du peseur lorsque le prêt porte sur des biens mesurables ou pondérables.
Les savants ont explicitement mentionné que ces frais sont à la charge du débiteur. Al-‘Izz ibn ‘Abd As-Salâm a dit :
« Les frais du mesureur et du peseur sont à la charge de celui qui doit la dette. »
Cette citation est mentionnée dans Qawâ‘id Al-Ahkâm.
Par ailleurs, la résolution de l’Académie du Fiqh islamique contient les points suivants :
Premièrement :
Il n’est pas permis d’émettre une carte de crédit non approvisionnée, ni de l’utiliser, lorsqu’elle comporte une condition imposant des intérêts usuraires, même si le demandeur de la carte est résolu à rembourser pendant la période de gratuité.
Deuxièmement :
Il est permis d’émettre une carte non approvisionnée si elle ne contient aucune condition impliquant une augmentation usuraire sur la dette initiale.
Il en découle :
a) Il est permis à l’émetteur de percevoir du client des frais fixes lors de l’émission ou du renouvellement de la carte, à condition qu’ils correspondent à une rémunération réelle des services fournis.
b) Il est permis à la banque émettrice de percevoir une commission auprès du commerçant sur les achats effectués par le client, à condition que le prix pratiqué par le commerçant via la carte soit identique au prix payé comptant.
Troisièmement :
Le retrait d’argent par le titulaire de la carte constitue un prêt accordé par l’émetteur de la carte. Cela est permis religieusement tant qu’il n’en résulte aucune augmentation usuraire. Les frais fixes qui ne sont pas liés au montant du prêt ni à sa durée, mais qui correspondent à ce service, ne sont pas considérés comme de l’usure. En revanche, toute somme dépassant les frais réels de service est interdite, car elle relève de l’usure prohibée par la législation islamique, comme l’a précisé l’Académie dans ses résolutions n° 13 (10/2) et 13 (1/3).
Quatrièmement :
Il n’est pas permis d’acheter de l’or, de l’argent ni des devises monétaires avec une carte non approvisionnée.
Et Allah sait mieux.