Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
La validité du divorce prononcé par l'écrit de termes explicites fait l'objet d'une divergence entre les oulémas. Certains considèrent que le divorce est effectif même si l'auteur n'en avait pas l'intention, tandis que d'autres considèrent qu'il ne l'est qu'à condition d'en avoir eu l'intention réelle.
L'imam Ibn Qoudama — qu'Allah lui fasse miséricorde — a dit :
« Quant au cas où il écrit [le divorce] sans intention : Abu al-Khattab a rapporté que le Cadi Al-Sharif, dans son ouvrage Al-Irshad, a cité deux versions. La première affirme que le divorce est effectif (avis d'Al-Sha'bi, Al-Nakha'i, Al-Zuhri et Al-Hakam). La seconde affirme qu'il n'est effectif qu'avec l'intention (avis d'Abou Hanifa, Malik et l'avis explicite d'Al-Shafi'i). Cela s'explique par le fait que l'écrit est sujet à interprétation : on peut écrire pour tester une plume, améliorer sa calligraphie ou simplement pour affliger sa famille sans intention réelle de rompre le lien, tout comme pour les termes métaphoriques (Kinayat) du divorce. » (Extrait de "Al-Moughni", Ibn Qoudama, 7/486)
Il ajoute que si l'homme affirme devant Allah n'avoir eu aucune intention de divorcer, cela est accepté entre lui et le Créateur, et cela est également accepté par le juge selon l'avis le plus authentique. En effet, si cela est parfois accepté pour la parole explicite, cela l'est à plus forte raison pour l'écrit qui n'est pas une parole verbale.
En conclusion : Compte tenu de votre situation, nous espérons qu'il vous est possible de suivre l'avis de ceux qui considèrent que le divorce par écrit sans intention de le rendre effectif ne compte pas.
Toutefois, nous vous mettons en garde contre le fait de réitérer de tels actes en raison de la divergence précitée. Utiliser la menace du divorce pour effrayer son épouse n'est pas une voie sage, ni un moyen légiféré pour réformer le comportement d'une femme. C'est un acte qui peut lui causer un tort contraire au principe de « la vie commune selon le bon usage » ordonné par Allah, exalté soit-Il.
Le Cheikh Ibn 'Uthaymin — qu'Allah lui fasse miséricorde — a souligné :
« Il doit d'abord l'exhorter. Qu'elle réponde à l'exhortation est préférable à ce qu'elle réponde à la menace. Certains ignorants menacent immédiatement de divorce, ne réalisant pas que cela peut accroître l'aversion de l'épouse. La voie saine consiste à l'exhorter et à lui rappeler les versets d'Allah jusqu'à ce qu'elle se conforme par soumission à Son ordre. » (Extrait de "Al-Sharh al-Moumti'", 12/442)
Et Allah sait mieux.