Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Il existe une règle jurisprudentielle générale citée par les oulémas stipulant que « la femme en instance de divorce révocable est une épouse », bien que les savants divergent sur les implications juridiques précises qui en découlent.
L'avis prépondérant chez les gens de science est que si la femme stipule comme condition que son mari ne lui donne pas de co-épouse, cette condition est valide et le mari est tenu de s'y conformer.
Bien que nous n'ayons pas trouvé de texte explicite des juristes concernant ce cas de figure précis, il apparaît que s'il la divorce puis se remarie pendant la période de viduité, il a effectivement enfreint la condition, car elle est toujours considérée légalement comme son épouse.
Al-Mardâwîa déclaré dans Al-Insâf : « Cinquième point : ces conditions valides ne sont contraignantes que pour le mariage dans lequel elles ont été stipulées. Si la femme est définitivement séparée de lui, puis qu'il l'épouse à nouveau (par un nouveau contrat), ces conditions ne s'appliquent pas au second contrat, sauf si elles y sont mentionnées à nouveau... » (Fin de citation).
Le fait qu'il mentionne la « séparation définitive » (baynûna) laisse entendre par déduction que dans le cas d'une reprise révocable (raj‘a), les effets de ces conditions subsistent.
De plus, Al-Mardâwî a rapporté d'après Ibn Rajab : « On peut déduire que les conditions redeviennent effectives lors d'un second mariage si le mari n'a pas épuisé son droit aux trois divorces, car il reste lié par tout ce qu'il a contracté lors du premier acte. » (Fin de citation).
Quoi qu'il en soit, le non-respect de la condition par le mari n'affecte pas la validité de la reprise. Cependant, la femme conserve le droit de demander la dissolution du mariage pour non-respect d’une contraignante dans le contrat de mariage.
Ibn Qudâma a dit dans Al-Kâfî, en traitant des conditions valides : « S'il ne respecte pas la condition, elle a le droit de dissoudre le mariage, car il s'agit d'une condition contraignante dans un contrat, et le droit de dissolution est établi par son manquement... » (Fin de citation).
Toutefois, nous ne conseillons pas à la femme de demander la dissolution, mais nous lui recommandons plutôt de patienter. Il incombe alors au mari de pratiquer l'équité entre elle et sa nouvelle épouse.
Et Allah sait mieux.