Règle relative à celui qui dit à son épouse : « Si mon père décède, je te divorcerai »

22-12-2025 | IslamWeb

Question:

J’ai 24 ans, je suis marié depuis trois ans, et mon père souffre d’une maladie chronique. J’ai dit à mon épouse :
« Si mon père décède, je te divorcerai afin de m’occuper de l’éducation de mes frères, car ils sont encore jeunes. »
Quel est le jugement juridique de cette formulation ?

Réponse:

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Le fait de dire à son épouse : « Si mon père décède, je te divorcerai » n’entraîne pas la réalisation du divorce. En effet, cette parole ne constitue ni un divorce effectif immédiat, ni un divorce conditionnel au sens juridique, mais seulement une promesse de divorcer dans l’avenir. Or, une promesse de divorce n’entraîne pas le divorce et il n’est pas obligatoire de s’y conformer.


Cheikh al-Islâm Ibn Taymiyya — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit :
« La promesse de divorcer n’entraîne pas le divorce, même si les formulations se multiplient ; il n’est pas obligatoire d’y donner suite, ni même recommandé. » (Extrait du Majmû‘ al-Fatâwâ)


Par ailleurs, le divorce sans motif valable — tel qu’un mauvais comportement conjugal — est considéré comme réprouvé (makrûh) par un groupe de savants, et comme interdit par un autre. Il est mentionné dans Ad-Durr al-Mukhtâr et dans la Hâshiya d’Ibn ‘Âbidîn :
« Quant au divorce, le principe de base le concernant est l’interdiction, c’est-à-dire qu’il est prohibé sauf en présence d’une cause qui le rend licite. » (Fin de citation)
Ibn Qudâma — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit dans Al-Mughnî, en exposant les différentes catégories du divorce :
« … Et il peut être réprouvé, à savoir le divorce sans nécessité. »
Puis al-Qâdî Iyyadh a dit :
« Il existe à ce sujet deux avis : selon l’un d’eux, il est interdit, car il constitue un préjudice pour l’homme et pour son épouse, et une suppression d’un intérêt dont ils bénéficiaient sans nécessité ; il est donc illicite, à l’instar de la destruction injustifiée d’un bien, et en raison de la parole du Prophète () : “ Ne vous portez pas mutuellement préjudice.” » (Fin de citation)


Cheikh Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya — qu’Allah lui fasse miséricorde — a également dit :
« Le principe fondamental concernant le divorce est l’interdiction ; il n’a été rendu licite qu’en cas de besoin. » (Extrait du Majmû‘ al-Fatâwâ)


Nous demandons à Allah Très-Haut d’accorder la guérison à votre père, de le préserver et de lui octroyer une longue vie accompagnée de bonnes œuvres. Et dans l’éventualité de son décès, nous ne voyons pas que vous deviez divorcer de votre épouse ; au contraire, nous estimons que vous devez la conserver, vivre avec elle convenablement, tout en assumant, dans la mesure de vos capacités, la prise en charge de vos frères.


Et Allah sait mieux.
 

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