Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Si la situation est telle que vous l’avez décrite — à savoir que votre mari ne subvient pas à vos besoins et vous a laissée dans un état de suspension — alors il n’a aucun droit de vous empêcher de sortir pour travailler et subvenir à vos besoins. En effet, les juristes ont clairement mentionné parmi les cas autorisant la sortie de la femme sans l’autorisation de son mari : le fait qu’elle sorte pour gagner sa subsistance lorsque son mari ne pourvoit pas à ses besoins.
Sur cette base, il n’y a aucun péché à votre encontre si vous travaillez dans cette situation sans l’autorisation de votre mari.
Quant à la pension de la fille qui ne possède pas de biens et qui n’est pas mariée, elle incombe obligatoirement à son père jusqu’à ce qu’elle se marie et que son mari consomme le mariage.
Ce que vous avez mentionné concernant la mauvaise conduite de votre mari, les humiliations et les mauvais traitements, est sans aucun doute une attitude répréhensible, contraire à ce qu’Allah — Exalté soit-Il — a ordonné en matière de bonne cohabitation conjugale, comme Il dit :
« Et comportez-vous convenablement envers elles » (Coran 4/19).
Al-Jassâs a dit dans Ahkâm al-Qur’ân au sujet de la parole d’Allah : « Et comportez-vous convenablement envers elles » :
Il s’agit d’un ordre adressé aux époux de vivre avec leurs femmes selon le bien, ce qui inclut notamment le fait de s’acquitter de leurs droits concernant la dot, la pension, l’équité dans la répartition du temps, de s’abstenir de leur nuire par des paroles dures, de les délaisser, de pencher vers une autre épouse, d’afficher un visage renfrogné et hostile sans raison valable, et tout ce qui s’apparente à cela. Cela est analogue à la parole d’Allah : « Soit vous les retenez convenablement ». Fin de citation.
Malgré la gravité des différends et la mauvaise conduite, il convient de rechercher la réconciliation et de faire intervenir des personnes sages et raisonnables de votre famille et de celle de votre mari. La réconciliation est préférable : elle préserve l’entité familiale et en maintient la cohésion.
Quant au divorce, il peut sembler facile d’y recourir, mais il est difficile d’en assumer les conséquences, en particulier lorsqu’il s’agit des filles et des risques de préjudice et de perte auxquels elles peuvent être exposées à la suite de la séparation des parents.
Nous attirons également l’attention sur le fait que le divorce ne prend pas effet du simple fait qu’il dise : « Je te divorcerai si tu vas travailler », car il s’agit là d’une promesse de divorce, et non d’un divorce effectif.
Ibn Taymiyya a dit :
« La promesse de divorce ne prend pas effet, même si les formules employées sont nombreuses ; il n’est pas obligatoire de s’y conformer, ni même recommandé. » Fin de citation.
Et Allah sait mieux.