Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Si la banque te verse le prix des équipements sans procéder à un achat réel de ceux-ci — comme cela ressort manifestement de la question —, ce type de financement n’est pas licite d’un point de vue religieux, indépendamment du stratagème évoqué. Il s’agit en réalité d’un prêt usuraire interdit : la véritable nature de l’opération est que la banque prête au client le montant des équipements afin de le récupérer ultérieurement avec un surplus, ce qui constitue l’usure prohibée. Le recours au stratagème consistant à falsifier les factures aggrave encore l’interdiction, car il ajoute la tromperie et le mensonge à un prêt usuraire déjà illicite.
Même si l’on supposait que la banque ait effectivement acheté les équipements pour son propre compte, et qu’ils soient entrés sous sa responsabilité pour le prix majoré, ce procédé et ce stratagème resteraient interdits. En effet, parmi les conditions de validité de la vente avec bénéfice déclaré (murâbaḥa), figure le fait que le prix du premier contrat ne soit pas compensé par des biens de même nature relevant des biens soumis à l’usure. Or, les juristes s’accordent à reconnaître que l’usure s’applique à l’or, à l’argent et, selon l’avis le plus juste, à ce qui les remplace, à savoir la monnaie fiduciaire. Le versement de sommes qui ne correspondent pas à des marchandises éligibles à la murâbaḥa, telles que le paiement du loyer du local ou autres charges similaires, fait que le prix est compensé par des biens de même nature relevant de l’usure. Il n’est alors pas permis de le revendre ensuite avec bénéfice déclaré, car la murâbaḥa est une vente fondée sur le prix initial augmenté d’un surplus, et toute augmentation portant sur des biens soumis à l’usure constitue de l’usure. L’augmentation en question est donc une augmentation usuraire interdite. En réalité, la banque t’aurait vendu de l’argent contre de l’argent, à terme, avec un surplus, ce qui correspond exactement à l’usure.
Et Allah sait mieux.