Héritage familial transformé en société

8-3-2026 | IslamWeb

Question:

Contexte : Héritage familial transformé en société (30 héritiers). J’y travaille depuis 2018. J’ai pris environ 5 millions de FCFA sans les rembourser. Une séparation est prévue en 2026. Ma sœur (divorcée, avec enfants) est décédée en 2023.
Questions :
Dois-je rembourser directement les héritiers, ou puis-je donner cette somme en aumône à leur place si l’aveu risque de provoquer une fitna ?
Concernant la part de ma sœur décédée : doit-elle être remise à ses enfants ?
Dois-je également compenser les bénéfices potentiellement perdus (argent qui n’a pas été investi) ?
BarakAllahu fik.

Réponse:

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

La réponse à votre question se résume comme suit :

Premièrement :
Il ne fait aucun doute que la part de votre sœur, dès son décès, est transférée à ses héritiers. Son droit ne s’annule pas et il ne vous est pas permis d’en disposer, ni en la donnant en aumône ni autrement. Elle doit être remise aux héritiers, car elle leur appartient.

Deuxièmement :
Les cinq millions que vous avez pris de l’argent de la société, si vous les avez pris sans l’autorisation de vos associés — parmi lesquels votre sœur décédée — vous êtes alors considéré comme ayant usurpé ce bien. Vous êtes donc tenu de garantir cette somme et de la leur restituer. La part de votre sœur en revient à ses héritiers, comme nous l’avons mentionné. De même, si vous avez pris cette somme avec leur autorisation sous forme de prêt, vous devez la leur restituer, et la part de votre sœur sera remise à ses héritiers.

Troisièmement :
Si vous avez pris cette somme sans l’autorisation de vos associés, que vous l’avez investie et qu’elle a généré un profit, les juristes ont divergé quant au statut de ce bénéfice : vous revient-il ou revient-il à vos associés ? L’avis retenu par Cheikh al-Islam et vers lequel nous avons également penché dans certaines de nos fatwas est que le bénéfice doit être partagé à parts égales entre vous et eux. Vous devez donc verser la moitié du bénéfice à vos associés, et la part de votre sœur décédée reviendra à ses héritiers.

Quatrièmement :
Si vous n’avez pas investi l’argent pris sans droit, vous n’êtes tenu que de restituer son équivalent, sans être obligé de rendre davantage.

Cinquièmement :
En cas de litige entre vous, portez l’affaire devant un tribunal islamique s’il en existe un. À défaut, exposez votre cas à une personne compétente parmi les savants, apte à juger ce type de différend.

Et Allah sait mieux.
 

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