Les dispositions relatives au divorce prononcé par une personne souffrant de troubles mentaux

15-4-2026 | IslamWeb

Question:

Mon mari souffre d'un trouble bipolaire. Une dispute acharnée a éclaté entre nous car il a commencé à agir de manière irréfléchie, ce qui est l'un des signes précurseurs d'une crise. Il m'a dit : « Tu es divorcée » (Anti taliq), puis il a quitté la maison. Il m'a ensuite envoyé un message disant : « Tu es divorcée », avant de se rendre chez sa mère pour lui dire : « J'ai divorcé de ma femme ». Deux jours plus tard, il est revenu à la maison et m'a dit : « J'étais très en colère et j'ai dit cela sans intention de divorcer, mais seulement pour que tu arrêtes de te disputer avec moi ».
Le divorce est-il effectif ? Sachant que lorsque mon mari fait une crise, il perd la raison au point de se dévêtir complètement dans la rue. Il a été interné en hôpital psychiatrique à deux reprises et prend des antidépresseurs et des antipsychotiques. Merci.

Réponse:

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Nous demandons à Allah d'accorder à votre mari une guérison complète et de le rétablir. Nous vous recommandons de multiplier les invocations pour lui. Nous conseillons également à votre mari de contacter directement un savant. Voici les éléments que nous pouvons vous apporter :


1.    Le divorce explicite : Dire à sa femme « Tu es divorcée » ou « Tu es une femme divorcée » constitue une formule explicite (Sarih). Le divorce est effectif dès la prononciation, même si le mari n'en avait pas l'intention.


2.    Le divorce par écrit : L'écriture du divorce est considérée comme une formule métaphorique ou allusive (Kinaya). Si le mari n'avait pas l'intention de divorcer en écrivant le message, le divorce n'est pas effectif.


3.    L'annonce à un tiers : Sa déclaration « J'ai divorcé de ma femme », si elle vise uniquement à rapporter un événement passé et non à instaurer un nouveau divorce, n'entraîne pas de divorce supplémentaire.


4.    L'état de colère : La colère n'empêche pas la validité du divorce, sauf si la personne n'a plus conscience de ce qu'elle dit. Certains savants estiment que si la colère est si intense que l'individu devient comme fou, son divorce n'est pas effectif, même s'il reste conscient de ses paroles.
L'imam Ibn al-Qayyim a classé la colère en trois catégories :
•    La colère légère : Elle n'altère pas la raison. L'homme sait ce qu'il dit et le veut. Dans ce cas, le divorce est valide sans équivoque.
•    La colère extrême (l'emportement) : Elle ferme les portes de la connaissance et de la volonté. L'homme ne sait plus ce qu'il dit. Dans ce cas, il y a consensus sur le fait que le divorce est nul.
•    La colère intermédiaire : Elle se situe entre les deux ; l'homme dépasse le stade initial sans atteindre l'inconscience totale, mais devient "comme un fou". C'est ici que les avis divergent, mais les preuves textuelles tendent vers la non-validité du divorce.


Ce qui a été énoncé concernant la colère s'applique également aux troubles mentaux. Nous rappelons l'importance de se prémunir contre la colère et d'utiliser la Ruqya (exorcisme légiféré) en complément des traitements médicaux.


Et Allah sait mieux.
 

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