Il a reçu un climatiseur d’une entreprise et a tenté d’en payer le prix sans obtenir son concours : jugement et obligation qui lui incombe
23-7-2026 | IslamWeb
Question:
Une société de financement renommée proposait, en partenariat avec une grande enseigne d’électroménager, une offre comportant une réduction de 50 %. J’ai donc acheté un climatiseur, un four et une friteuse à air. La durée de paiement échelonné proposée allait de six à soixante mois, et j’ai choisi de régler les trois appareils en six mensualités.
La commande a toutefois été annulée le jour même. J’ai alors contacté le service clientèle de l’enseigne d’électroménager, qui m’a indiqué que la cause de l’annulation n’était pas claire et m’a demandé d’attendre deux jours, le temps que ma réclamation soit examinée. Or, à ma grande surprise, le livreur m’a contacté pour me remettre le climatiseur, qui a ensuite été installé.
Un employé du service clientèle m’a par la suite présenté les excuses de l’entreprise pour l’impossibilité de livrer les trois commandes, en raison d’un problème technique dans l’application de la société de financement. Il m’a également expliqué que l’offre réelle consistait en une réduction de 60 %, avec un paiement échelonné sur une durée comprise entre vingt-quatre et soixante mois, et non sur six mois.
Je l’ai informé que j’avais déjà reçu le climatiseur. Il m’a répondu que la livraison de cet appareil n’apparaissait pas clairement dans le système et que, d’après les données de l’entreprise, les trois commandes avaient été annulées.
Pendant trois mois, je les ai contactés à maintes reprises, sans résultat. Je leur signalais chaque fois que je leur devais le prix du climatiseur et leur expliquais toute l’affaire depuis le début. À chaque occasion, ils me répondaient qu’ils allaient examiner la situation et me tenir informé, mais personne ne m’a jamais recontacté.
Je leur ai demandé les coordonnées bancaires de l’entreprise afin d’y verser le prix du climatiseur. Ils m’ont de nouveau répondu qu’ils allaient examiner la question et me tenir informé. J’ai également contacté le service des réclamations et lui ai demandé de m’accorder, à titre exceptionnel, la possibilité de payer le prix de l’appareil dans l’une de leurs succursales. Il m’a été répondu que cela était impossible, puisque les commandes avaient été annulées et n’avaient pas été exécutées.
Je leur ai pourtant précisé que j’avais bien reçu le climatiseur et que celui-ci avait été installé. J’ai également contacté un responsable de l’entreprise, qui m’a promis de m’aider, mais il n’a rien fait. Que dois-je faire ?
Réponse:
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Vous avez accompli ce qu’il vous appartenait de faire en veillant à restituer le droit dû et en tentant à plusieurs reprises de payer le prix du climatiseur. L’erreur provenait de l’entreprise.
Quoi qu’il en soit, renouvelez une dernière fois votre démarche auprès d’un responsable de l’entreprise et informez-le qu’après cette tentative vous n’en entreprendrez plus, puisque vous vous trouvez désormais dans l’impossibilité de remettre la somme à son propriétaire.
S’il ne prend aucune mesure, que vous perdez effectivement tout espoir de pouvoir restituer cette somme et que vous êtes certain que l’entreprise ne viendra plus vous la réclamer, vous pourrez alors consacrer ce montant à une œuvre d’intérêt général ou le donner en aumône aux pauvres et aux nécessiteux.
Cheikh al-Islâm Ibn Taymiyya a dit, comme cela est rapporté dans le Majmû‘ al-Fatâwâ :
« En ce qui nous concerne, il n’existe aucune différence entre un bien dont le propriétaire, auquel nous avons reçu l’ordre de le remettre, ne peut être retrouvé, et un bien que nous devons, de manière générale, restituer à son propriétaire, mais dont il est devenu impossible d’identifier celui-ci ou de le lui faire parvenir. Il en va des biens comme des actes. Ce type de bien n’est interdit qu’en raison du droit d’autrui qui s’y rattache. Dès lors que cet ayant droit n’existe plus, qu’il est totalement inconnu ou qu’il est absolument impossible de l’atteindre, son droit sur ce bien disparaît entièrement […] En effet, si le propriétaire venait à ne plus exister, la propriété lui serait retirée à l’unanimité. Il en va de même lorsque toute possibilité de le connaître disparaît de façon durable ou lorsqu’il devient durablement impossible de lui remettre le bien. La première situation est évidente. » Fin de citation.
Et Allah sait mieux.