Islam Web

  1. Fatwa
  2. Mass-Média et Loisirs
  3. Chanson
Recherche Fatwas

Le statut du refus d’un prétendant qui écoute les chants musicaux

Question

Je suis une jeune fille non mariée âgée de 17 ans. De nombreux jeunes hommes m'ont demandé en mariage, mais je les refuse car je suis pratiquante (multazima), louange à Allah, et je n’écoute pas de chansons. Ceux qui se présentent prient et jeûnent, mais ils écoutent des chansons. Or, je souhaite un époux qui n’écoute pas de chansons et ne se rende pas aux mariages où il y a du chant musical.
Récemment, un jeune homme qui prie et jeûne s'est présenté à moi, mais il écoute des chansons. Il a accepté que je ne me rende pas aux mariages illicites après le mariage, mais lui s'y rendra. Je l'ai donc refusé afin de ne pas faiblir dans ma pratique religieuse. Ma décision de le refuser était-elle correcte ?
De plus, dans notre pays, on qualifie certains mariages d'« islamiques », mais en réalité ils ne le sont pas, car les paroles des chants sont quasi-islamiques tout en contenant des instruments de musique comme les chansons illicites. Chez nous, personne ne se marie selon la méthode islamique authentique (c'est-à-dire uniquement avec le tambourin / daff). Si un jeune homme qui prie et jeûne se présente, mais refuse un mariage uniquement au tambourin et n'accepte que le mariage dit « islamique » (tel qu'ils le prétendent), tout en acceptant que je n'aille pas aux mariages illicites mais en s'y rendant lui-même : dois-je l'accepter comme époux et commencer progressivement avec lui par les chansons dites islamiques puis uniquement le tambourin ? Mes parents me disent en effet que si je maintiens cette position, je ne me marierai jamais. Ou bien dois-je le refuser catégoriquement et attendre qu'Allah m'accorde quelqu'un qui n'écoute pas ces chansons et accepte un mariage uniquement au tambourin ? À vrai dire, je vis en Palestine et les tentations (fitan) se sont tellement répandues que l'on marche dans la rue en ne croisant que très rarement un jeune homme barbu.
Et si je vois un jeune homme pratiquant, au sujet duquel on me rapporte que du bien et qu'il ne se rend pas à ces mariages, puis-je dire à mon père ou à ma mère de me marier avec lui ?
J'aimerais également des éclaircissements sur le hadith du Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) : « Si se présente à vous celui dont vous agréez la religion et le comportement... ». Comment juger qu'une personne est d'une religion et d'un comportement convenables ? Quels sont les péchés qui, s'ils sont présents chez lui, justifient son refus, et quels sont ceux qui sont tolérables (car la perfection n'appartient qu'à Allah et nul n'est parfait) ? Le fait d'écouter des chansons fait-il partie des éléments qui nuisent à l'agrément de sa religion, même s'il est assidu à la prière, au point de le refuser pour cette raison ?
D'un autre côté, je ne vais plus actuellement aux mariages contenant des chansons illicites, mais je me rends aux mariages dits islamiques, car mes parents écoutent des chansons et je souhaitais que mon délaissement de ces cérémonies se fasse progressivement. Je pratique rigoureusement depuis environ 10 mois, mais j'ai peur de mourir lors de l'une de ces fêtes et de rencontrer Allah en état de désobéissance. Quel est le meilleur choix ? Il me semble — sans certitude absolue — qu'il existe un récit au sujet de 'Umar ibn 'Abd al-'Azîz (qu'Allah lui fasse miséricorde) montrant qu'il interdisait les péchés aux gens de façon progressive ; pourriez-vous m'éclairer à ce sujet ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Qu'Allah vous récompense en bien pour votre promptitude à répondre à l'ordre d'Allah et à l'ordre de Son Messager (), et qu'Allah affermisse votre attachement à la vérité et à la religion.


Concernant votre refus d’épouser les jeunes hommes qui écoutent des chansons, il s'agit sans nul doute d'une position correcte. En effet, le chant accompagné d'instruments de musique et de divertissement est unanimement interdit d'écoute, pour l'homme comme pour la femme. Le consensus (ijmâ') sur l'interdiction de l'écoute des instruments de musique — en dehors du tambourin (ad-daff) — a été rapporté par un groupe d'érudits, parmi lesquels l'imam al-Qurtubî, Abû at-Tayyib at-Tabarî, Ibn as-Salâh, Ibn Rajab al-Hanbalî, Ibn al-Qayyim et Ibn Hajar al-Haytamî.


L'imam al-Qurtubî a dit :
« Quant aux flûtes, instruments à cordes et tambours, il n'y a aucune divergence sur l'interdiction de leur écoute, et je n'ai entendu parler d'aucun savant digne de considération parmi les prédécesseurs (Salaf) ou les imams postérieurs (Khalaf) qui l'ait autorisé. Et comment cela ne serait-il pas interdit alors que c'est le symbole des buveurs de vin et de la débauche, et un excitant des passions, de la corruption et du libertinage ? Ce qui est de cette nature ne fait l'objet d'aucun doute quant à son interdiction, ni quant au fait de considérer son auteur comme pervers (fâsiq) et pécheur. » Fin de citation.


La situation étant telle, il ne convient pas de vous engager dans un mariage avec un jeune homme qui écoute ces chansons corruptrices pour le cœur et destructrices de la foi et de la certitude qu'il contient.
Il vous incombe de choisir un homme vertueux, conformément à la parole du Prophète () :
« Si se présente à vous celui dont vous agréez la religion et le comportement moral, mariez-le. Si vous ne le faites pas, il y aura sur terre discorde (fitna) et grande corruption. » (Rapporté par at-Tirmidhî et d'autres d'après Abû Hurayra, et authentifié/déclaré bon par al-Albânî dans Irwâ' al-Ghalîl).


Le critère des péchés justifiant le refus d'un prétendant :
L'homme qui commet un péché majeur (kabîra) ou qui persiste de façon continue dans un péché mineur (saghîra) ne doit pas être accepté pour le mariage. En revanche, celui qui s'est repenti sincèrement envers Allah de ses péchés majeurs, ou à qui il arrive de commettre des péchés mineurs de façon accidentelle sans y persister, rien n'empêche de l'épouser, car très rares sont ceux qui sont totalement préservés des erreurs.


Épouser un homme qui écoute de la musique dans l'espoir de le réformer :
Cette voie est incertaine et non sécurisée, car l'autorité maritale (qawâma) est entre les mains de l'homme. Il ne fait aucun doute que l'homme a une influence prépondérante et que l'influence de l'époux sur sa femme est généralement plus forte que l'inverse. Vous n'êtes donc pas à l'abri qu'il finisse par vous entraîner vers ce péché — qu'Allah vous en préserve. Le croyant ne doit pas s'exposer sciemment au péril sous prétexte qu'il pourrait en réchapper.


Le délaissement progressif des mariages contenant de la musique :
Cela n'est pas permis ; il vous est obligatoire de vous abstenir immédiatement d'assister à ces fêtes, conformément au hadith du Prophète () :
« Lorsque je vous ordonne une chose, accomplissez-en ce dont vous êtes capables ; et lorsque je vous interdis une chose, délaissez-la. » (Rapporté par Muslim et d'autres).
Le Prophète () a conditionné l'ordre à la capacité, tandis qu'il a exprimé l'interdiction de manière absolue. Il est donc obligatoire d'abandonner l'interdit en totalité et sans délai.
L'imam an-Nawawî a commenté ce hadith en disant :
« Quant à sa parole "et lorsque je vous interdis une chose, délaissez-la", elle s'applique de manière absolue et sans restriction. »
C’est pourquoi, si les spécialistes des fondements du droit (al-usûliyyûn) ont divergé sur la question de savoir si l'ordre exige une exécution immédiate ou tolère un différé, ils ont en revanche unanimement convenu que l'interdiction exige un abandon immédiat. Il convient donc de délaisser sans attendre ce qui est prohibé. Il est mentionné dans Irshâd al-Fuhûl :
« L'immédiateté dans l'interdiction est indispensable, car ce qui est requis est l'abandon continu. »


Le récit relatif à 'Umar ibn 'Abd al-'Azîz :
Le récit que vous évoquez a été rapporté par al-Shâtibî dans Al-Muwâfaqât. Son fils 'Abd al-Malik lui demanda :
« Pourquoi n'appliques-tu pas les réformes d'un coup ? Par Allah, peu m'importerait que les chaudrons bouillent contre toi et moi pour la vérité ! »
'Umar lui répondit :
« Ne te précipite pas, ô mon fils. Allah a blâmé le vin à deux reprises dans le Coran et ne l'a formellement interdit qu'à la troisième. Je crains d'imposer la vérité aux gens en un seul bloc et qu'ils la rejettent en bloc, provoquant ainsi une dissension (fitna). »
Cependant, cet exemple ne s'applique pas au cas d'un individu face à lui-même : cela relève de la politique religieuse et de gouvernance que suivent les dirigeants pour mener les peuples, en tenant compte de leurs natures, penchants et coutumes diverses. Le souverain dispose dans ce cadre d'une excuse et d'une marge d'appréciation que le simple individu n'a pas envers sa propre personne. Autrement, quelle serait l'excuse d'un individu persistant dans les péchés et incapable de soumettre sa propre âme aux ordres d'Allah, si ce n'est la faiblesse et le manque de volonté ?


Pour conclure, nous vous recommandons la fermeté dans l'obéissance à Allah, ainsi que la pleine confiance en Sa promesse, Sa subsistance et la délivrance qu'Il accorde à Son serviteur croyant. Allah le Très-Haut a dit :
« Et quiconque craint Allah, Il lui donnera une issue favorable, et lui accordera Sa subsistance par des voies sur lesquelles il ne comptait pas. Et quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit. Allah atteint toujours ce qu’Il Se propose, et Allah a assigné une mesure à chaque chose. » (Coran 65/2-3).
Ayez la certitude que quiconque délaisse une chose pour Allah, Allah la lui remplace par une chose meilleure. Nous demandons à Allah de vous accorder un époux pieux qui vous soutiendra dans Son obéissance.


Et Allah sait mieux.

Fatwas en relation

Recherche Fatwas

Vous pouvez rechercher une fatwa à travers de nombreux choix

Fatwa - QR Code

Fatwa

Le plus lu aujourd’hui