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Parmi les prières surérogatoires, certaines se pratiquent en groupe et d’autres non

Question

Le mari peut-il diriger la prière pour son épouse, c’est-à-dire prier avec elle en tant qu’imam dans les sunans ratiba (prières surérogatoires régulières), telles que la sunna du Fajr (ar-raghiba), la sunna du Dhuhr, du ‘Asr, du Maghrib, de l’‘Isha, ainsi que les prières du shaf‘ et du witr ?
J’ai entendu dire que l’accomplissement des sunans ratiba à la maison est meilleur que leur accomplissement à la mosquée. Si je les accomplis à la mosquée, cela est-il alors réprouvé (makrûh) ? Et qu’en est-il du mérite en termes de récompense ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Le principe concernant les sunans ratiba est qu’elles soient accomplies individuellement. Il n’est pas légiféré d’en faire une pratique régulière en groupe, car il n’est pas rapporté que le Prophète () avait l’habitude de les accomplir ainsi, ni avec ses épouses ni avec d’autres.
Cependant, s’il arrive qu’on les accomplisse occasionnellement en groupe, cela ne pose pas de problème.


Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya a donné une explication pertinente à ce sujet en précisant quand la prière surérogatoire peut être accomplie en groupe et quand elle ne l’est pas. Il a dit :
« Les prières surérogatoires accomplies en groupe sont de deux types :
Le premier type : celles pour lesquelles la prière en groupe est instituée de manière régulière, comme la prière de l’éclipse, la prière pour demander la pluie et les prières nocturnes du Ramadan (tarawih). Celles-ci se pratiquent toujours en groupe conformément à la Sunna.
Le second type : celles pour lesquelles la prière en groupe n’est pas instituée de manière régulière, comme la prière nocturne ordinaire (qiyâm al-layl), les sunans ratiba, la prière du Duha et la prière de salutation de la mosquée, et autres semblables.
Si elles sont accomplies en groupe occasionnellement, cela est permis. En revanche, en faire une pratique régulière en groupe n’est pas légiféré ; c’est même une innovation réprouvée, car le Prophète (), ses Compagnons et les successeurs ne se réunissaient pas habituellement pour accomplir ces prières régulières.
Le Prophète () accomplissait parfois certaines de ces prières surérogatoires en groupe, mais seulement de manière occasionnelle : il priait habituellement la nuit seul. Toutefois, une nuit Ibn ‘Abbâs passa la nuit chez lui et pria avec lui ; une autre nuit, ce fut Hudhayfa ; une autre encore, Ibn Mas‘ûd.
Il pria également chez ‘Itbân ibn Mâlik al-Ansârî dans un endroit qu’il voulait consacrer à la prière, et il pria avec lui. Il pria aussi avec Anas, sa mère et l’orphelin.
Mais la majorité de ses prières surérogatoires étaient accomplies individuellement. » Fin de citation.


Ainsi apparaît clairement la réponse à la première partie de la question.


Quant à la seconde partie, il ne fait aucun doute que l’accomplissement des prières surérogatoires à la maison est préférable à leur accomplissement à la mosquée, à l’exception de celles pour lesquelles la prière en groupe est légiférée, comme la prière de l’éclipse ou les tarawih.
Les sunans ratiba et les autres prières surérogatoires sont donc meilleures lorsqu’elles sont accomplies à la maison. Toutefois, les accomplir à la mosquée n’est pas réprouvé ; cela reste permis, même si c’est contraire à ce qui est préférable.
Puisque l’accomplissement des prières surérogatoires à la maison est préférable, il s’ensuit qu’il est plus méritoire et plus récompensé.


Parmi les preuves recommandant l’accomplissement des prières surérogatoires dans les maisons figure le hadith rapporté par al-Boukhârî et Mouslim d’après Ibn ‘Umar (qu’Allah soit satisfait de lui) selon lequel le Prophète () a dit :
«Accomplissez une partie de vos prières dans vos maisons et ne les transformez pas en tombes. »
L’imam an-Nawawî a expliqué :
« Cela signifie : priez dans vos maisons et ne les rendez pas semblables aux tombes qui sont dépourvues de prière. L’intention vise ici les prières surérogatoires, c’est-à-dire : accomplissez les prières surérogatoires dans vos maisons. »


Il est également rapporté d’après Zayd ibn Thâbit que le Messager d’Allah () s’était aménagé une petite pièce — il dit : je pense qu’elle était faite de nattes — durant le mois de Ramadan, dans laquelle il pria plusieurs nuits. Certains de ses Compagnons se mirent alors à prier derrière lui. Lorsqu’il s’en aperçut, il resta assis, puis sortit vers eux et dit :
« J’ai vu ce que vous avez fait. Ô gens, priez dans vos maisons, car la meilleure prière de l’homme est celle qu’il accomplit dans sa maison, sauf la prière obligatoire. » Hadith rapporté par al-Boukhârî et Mouslim.


‘Abd Allah ibn Shaqîq a dit :
« J’ai interrogé ‘Aïsha au sujet de la prière surérogatoire du Messager d’Allah (). Elle répondit :
Il priait chez moi quatre rak‘a avant le Dhuhr, puis sortait diriger la prière des gens. Ensuite il rentrait et priait deux rak‘a.
Il dirigeait la prière du Maghrib, puis rentrait et priait deux rak‘a.
Il dirigeait la prière de l’‘Isha, puis rentrait chez moi et priait deux rak‘a.
La nuit, il priait neuf rak‘a comprenant le witr. Parfois il priait longuement debout, parfois longuement assis. S’il récitait en étant debout, il s’inclinait et se prosternait debout ; s’il récitait assis, il s’inclinait et se prosternait assis.
Et lorsque l’aube apparaissait, il priait deux rak‘a. » Rapporté par Mouslim, et un hadith semblable est rapporté par Ibn ‘Umar dans les deux Sahîh.
An-Nawawî a commenté :
« Ce hadith indique qu’il est recommandé d’accomplir les prières surérogatoires régulières à la maison, comme il est recommandé d’y accomplir les autres prières surérogatoires. Il n’y a aucune divergence à ce sujet chez nous, et c’est aussi l’avis de la majorité des oulémas, qu’il s’agisse des prières surérogatoires liées aux obligations du jour ou de la nuit. »


Il est également rapporté d’après Jâbir que le Messager d’Allah () a dit :
« Lorsque l’un d’entre vous termine sa prière dans la mosquée, qu’il réserve une part de sa prière pour sa maison, car Allah mettra dans sa maison un bien à cause de cette prière. » Rapporté par Mouslim.


Al-Munâwî a expliqué :
« “Lorsqu’il termine sa prière dans la mosquée”, c’est-à-dire lorsqu’il a accompli la prière obligatoire à l’endroit où se tient la prière en groupe — la mosquée étant mentionnée parce que c’est le lieu le plus fréquent pour cela — “qu’il réserve une part pour sa maison”, c’est-à-dire une portion de ses prières.
Il doit donc accomplir la prière obligatoire à la mosquée et les prières surérogatoires chez lui afin que leur bénédiction revienne à sa maison et à ses habitants.
Allah mettra dans sa maison, grâce à ces prières, un bien abondant et immense, car la maison est ainsi animée par le rappel d’Allah, par l’obéissance, par la présence des anges et par les bénédictions et récompenses qui atteignent ses habitants.
Ce hadith indique que la prière surérogatoire à la maison est préférable à celle accomplie à la mosquée, même à la Mosquée sacrée. »


Tout cela confirme que les prières surérogatoires accomplies à la maison sont meilleures et plus récompensées que celles accomplies à la mosquée, même si leur accomplissement à la mosquée demeure permis.
Parmi les sagesses de cette recommandation : la prière accomplie à la maison est plus discrète, plus propice à la sincérité et plus éloignée de l’ostentation.


Et Allah sait mieux.

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