Assalam alaykum,Tout d'abord qu'Allah vous rĂ©compense, votre banque de fatwa m'a dĂ©jĂ Ă©tĂ© bĂ©nĂ©fique et il l'est pour beaucoup d'entre nous, musulmans souhaitant faire les choses au mieux pour satisfaire Allah et votre travail est un outil par la permission d'Allah.Je suis un futur entrepreneur in cha Allah, mais avant mĂȘme d'enclencher un projet je sais que je me dois de me renseigner sur sa licĂ©itĂ© auprĂšs des gens de science, c'est pourquoi je m'adresse Ă vous. Alors, voici ma question : Dans un pays non musulman, tel que la France, un musulman peut-il ouvrir un restaurant ou un commerce de restauration, salon de thĂ© avec petit dĂ©jeuner familial, etc. sachant qu'il risque d'y avoir une mixitĂ© des consommateurs comme partout dans le pays ? Le gĂ©rant du restaurant est-il responsable de cette mixitĂ© ? Bien Ă©videmment, tous les financements, tous les produits vendus seront faits dans le halal in cha Allah. Mais je veux ĂȘtre sĂ»r que la responsabilitĂ© de la mixitĂ© n'incombe pas Ă au restaurateur, au vu du pays oĂč il vit c'est une chose qu'il subit. J'espĂšre que votre rĂ©ponse saura m'Ă©claircir et apaiser mon cĆur sur ce sujet in cha Allah. Qu'Allah vous rĂ©compense.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son ProphÚte et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Nous implorons Allah, exaltĂ© soit-Il, de vous rĂ©compenser pour votre persĂ©vĂ©rance dans Son obĂ©issance, pour votre souci de ne pas transgresser Ses interdits et pour votre dĂ©sir de connaĂźtre les prĂ©ceptes de la charia concernant toutes les affaires que vous comptez entreprendre. Ce que vous faite est une caractĂ©ristique du vrai croyant qui sâattache sincĂšrement Ă sa religion.
Cher frĂšre, les options du profit licite sont nombreuses et aucune Ăąme ne mourra avant dâachever sa substance et son terme comme rapportĂ© par le hadith prophĂ©tique. Nous vous recommandons de faire en sorte que la crainte dâAllah, le TrĂšs Haut, soit votre principal souci et le maĂźtre qui gĂšre toutes vos affaires et vous ne le regretteriez aucunement car Allah, le TrĂšs Haut, dit : « A quiconque Le craint, Allah prĂ©voit une (honorable) voie de sortie, et lui dispensera (des biens) dâune maniĂšre Ă laquelle il ne sâattendait pas. » (Coran 65/2-3).
Concernant votre question : Ă lâorigine les cafĂ©s, les restaurants et les locaux qui proposent des services aux gens sont licites et il nây a pas de mal Ă y faire des investissements sauf sâils sont modifiĂ©s de leur origine licite par la proposition des choses interdites comme lâalcool ou le porc, etc.
Le fait que certains clients ne portent pas lâhabit lĂ©gal (hidjab) ou quâil y ait une mixitĂ© illicite dans les lieux de proposition des services, cela nâinterdit pas dâouvrir ce genre de locaux mais le responsable doit essayer dâinterdire ce genres de transgressions dans son local tant quâil le peut et sâil est dans lâincapacitĂ© dâinterdire cela, nous espĂ©rons quâil ne sera pas blĂąmĂ© sâil se produit Ă©ventuellement quoi que ce soit de ces transgressions du moment quâil accomplit la rĂ©probation du blĂąmable selon ses capacitĂ©s et selon les trois degrĂ©s de rĂ©probation (par la main, sinon par la parole, puis par le cĆur). Surtout que le but principal du restaurant est la vente des choses licites et le fait de se comporter selon les lois de la Charia ; or ces problĂšmes surviennent virtuellement et ne sont pas intentionnels.
Les oulĂ©mas ont discutĂ© dans le chapitre de « Sadd al-dharĂą`i' » (le fait d'interdire un acte qui est en soi licite s'il est trĂšs susceptible de conduire Ă la perpĂ©tration d'un autre interdit ou dĂ©conseillĂ© par mesure de prĂ©caution) que la Charia nâa pas fermĂ© certaines « dharĂą`i' » bien quâelles peuvent mener Ă lâillicite.
Lâimam al-QarĂąfĂź a dit : « Sadd al-dharĂą`i' qui est de trois catĂ©gories nâest pas une spĂ©cificitĂ© de lâĂ©cole de lâimam MĂąlik comme le croient beaucoup de malĂ©kites. Ses trois catĂ©gories sont :
1/ Une catĂ©gorie unanimement empĂȘchĂ©e, interdite et annihilĂ©e par tous les musulmans comme le fait de creuser des puits sur les routes des musulmans car câest un moyen de leur nuire, de mettre du poison dans leurs nourritures ou d'insulter les idoles devant celui qui va certainement insulter Allah, le trĂšs Haut, par hostilitĂ©.
2/ Une catĂ©gorie unanimement non empĂȘchĂ©e par tous les musulmans : câest une « DharĂź'a » non empĂȘchĂ©e et un moyen non annihilĂ© comme le fait dâempĂȘcher la culture du raisin par crainte quâil ne soit utilisĂ© dans l'industrie de lâalcool, aucun savant nâa Ă©noncĂ© cela, ou le fait dâĂ©viter le voisinage des maisons par crainte du Zina.
3/ Une catĂ©gorie qui fait lâobjet de divergence entre les oulĂ©mas : est-ce quâelle doit ĂȘtre empĂȘchĂ©e ou pas ? ». Fin de citation
Cheikh al-'UthaymĂźn a reçu la question suivante : "Louange Ă Allah, je prie et jâaccomplis toutes les prescriptions, mais dans le souk il y a des femmes non voilĂ©es et moi je les vois, est-ce que je suis pĂ©cheur ou non ?"
Il a rĂ©pondu : "Nul doute que la sortie des femmes non voilĂ©es au souk est un acte blĂąmable quâil faut rĂ©prouver par la main sinon par la parole sinon par le cĆur. De mĂȘme les gouverneurs des musulmans doivent empĂȘcher les femmes de sortir non voilĂ©es aux souks car câest une Fitna et cela leur engendre beaucoup de contrariĂ©tĂ©s. Quand tu passes par le souk et que tu ne peux corriger cette transgression mais ayant quand mĂȘme accompli ton devoir de rĂ©pression selon les trois degrĂ©s de rĂ©probation (par la main, puis par la parole, puis par le cĆur), il ne faut pas regarder dĂ©libĂ©rĂ©ment ces femmes non voilĂ©es car (le regard est une des flĂšches de Satan, celui qui le dĂ©laisse pour lâAgrĂ©ment dâAllah et par crainte de Son chĂątiment, Allah lui octroiera une douceur quâil ressentira dans son cĆur). Allah dit : « Dis aux croyants de baisser leurs regards et de garder leur chastetĂ©. C'est plus pur pour eux. Allah est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce qu'ils font. » (Coran 24/30)".
Et Allah sait mieux.
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