Par la grâce d’Allah, j’étais en train d’appeler à la prière, mais j’ai commis une inattention et j’ai dit :
« Hayya ‘ala-s-salâh, hayya ‘ala-l-falâh ».
Lorsque je m’en suis rendu compte, j’ai tenté de me rattraper en répétant une seconde fois :
« Hayya ‘ala-s-salâh, hayya ‘ala-l-falâh », afin que chacune soit prononcée deux fois.
Je sais que j’ai commis une erreur et que j’aurais dû dire :
« Hayya ‘ala-s-salâh, hayya ‘ala-s-salâh ».
Mon rattrapage est-il valable ? Et qu’aurais-je dû faire exactement ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Votre acte comporte deux manquements :
– l’oubli de certaines paroles de l’adhân,
– et la rupture de l’ordre entre ses formules.
Quiconque commet l’un de ces deux manquements doit, en principe, recommencer l’adhân depuis le début en respectant l’ordre correct ; et cela est préférable dans son cas.
Il lui est toutefois permis de reprendre à partir de ce qui a été prononcé correctement, d’annuler ce qui a été dit de manière désordonnée, puis de compléter le reste.
Dans le cas qui vous concerne, la manière de procéder aurait été d’annuler la formule « Hayya ‘ala-l-falâh » prononcée hors de son emplacement, puis de dire « Hayya ‘ala-s-salâh », ensuite de répéter « Hayya ‘ala-l-falâh » deux fois consécutives, puis de poursuivre le reste de l’adhân.
Cependant, comme nous l’avons indiqué, recommencer l’adhân depuis le début est préférable, car l’un des conditions de validité de l’adhân est le respect de l’ordre de ses paroles. Le non-respect de cet ordre compromet la fonction d’annonce qui est l’objectif même de l’adhân. Ainsi, toute formule avancée ou retardée par rapport à sa place légale est invalide et n’est pas prise en compte.
An-Nawawî a dit dans Al-Majmû‘ :
« Les oulémas sont unanimes à poser le respect de l’ordre comme condition de l’adhân. S’il en inverse l’ordre, ce qui a été prononcé à sa place est valide, et il peut s’y appuyer. Ainsi, s’il récite la seconde moitié de l’adhân avant la première, la seconde moitié est invalide, tandis que la première est valide du fait qu’elle a été prononcée à sa place ; il peut alors reprendre à partir de là et réciter la seconde moitié. Toutefois, recommencer l’adhân est préférable afin qu’il soit prononcé de manière continue. De même, s’il omet certaines paroles, il doit réciter celles qu’il a omises ainsi que celles qui suivent, mais recommencer depuis le début reste préférable. » (Fin de citation, avec une légère adaptation)
Il est également mentionné dans L’Encyclopédie juridique koweïtienne :
« Par le respect de l’ordre, on entend que le muezzin prononce les paroles de l’adhân selon l’agencement et l’ordre établis par la Sunna, sans avancer ni retarder un mot ou une formule. Selon l’avis de la majorité des savants, le respect de l’ordre est obligatoire ; si le muezzin y manque, il doit recommencer l’adhân depuis le début, car l’abandon de l’ordre compromet l’annonce recherchée, et parce qu’il s’agit d’une formule rituelle dont la structure doit être respectée. Il a cependant été dit qu’il est permis de reprendre à partir de ce qui a été prononcé correctement ; ainsi, s’il fait précéder le témoignage de la mission prophétique du témoignage de l’unicité, il recommence le témoignage de la mission prophétique, bien que recommencer l’adhân depuis le début soit préférable. » (Fin de citation)
Et Allah sait mieux.
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