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Règle relative au travail du comptable chargé de la révision des états financiers de sociétés déposant leurs fonds dans des banques usuraires

Question

Quel est le jugement concernant le fait de travailler comme réviseur comptable dans un cabinet d’expertise chargé de contrôler des sociétés qui détiennent des dépôts usuraires dans des banques ?
Parmi mes missions figure la révision des états financiers relatifs à ces dépôts et la vérification de leur concordance avec les données bancaires, sachant que cette tâche ne constitue qu’une partie de mon travail.
Cela entre-t-il dans le hadith du Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) : « Allah a maudit celui qui consomme l’usure, celui qui la verse et ses deux témoins » ?
Suis-je considéré comme un témoin ?
Est-il permis de « purifier » la part du salaire perçue en contrepartie de la révision de ces dépôts ?
Sachant que je vis dans un pays non musulman et qu’il n’existe pas d’emplois exempts de ce type de pratiques.
Qu’Allah vous bénisse.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Il apparaît que, par ton travail de réviseur des états financiers liés à des dépôts usuraires, tu n’entres pas dans la catégorie des deux témoins du contrat d’usure, car l’opération usuraire, dans son ensemble, a été conclue indépendamment de toi, et tu n’y as pas assisté au moment de sa conclusion.
Cependant, tu apportes une aide aux sociétés qui pratiquent l’usure, du fait de la révision de leurs dépôts usuraires, et cette entraide est interdite, conformément à la parole d’Allah – Exalté soit-Il :
« Entraidez-vous dans la bonté et la piété, et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression » (Coran 5/2).
C’est également en ce sens qu’a statué la fatwa de la Commission Permanente de l’Iftâ, qui a interdit ce type de travail ; il convient de s’y référer dans la fatwa n° 354433 .
Quant à ce que tu as mentionné au sujet de la purification d’une partie du salaire :
— Si tu ignorais le caractère illicite de cette entraide, tu n’es pas tenu de te débarrasser de ce que tu as perçu d’argent illicite.
— En revanche, si tu connaissais l’interdiction de cette pratique, tu dois te défaire de la part illicite, si tu es en mesure d’en déterminer précisément le montant. Si tu en ignores la valeur exacte, tu dois alors t’efforcer de l’estimer jusqu’à ce que tu aies la conviction que ta responsabilité est acquittée.
Cette distinction a été retenue par certains savants. Ainsi, il est rapporté dans Al-Ikhtiyârât de Ibn Taymiyya – qu’Allah lui fasse miséricorde – ce qui suit :
« Celui qui a acquis un bien illicite avec l’accord de celui qui l’a versé, puis s’en est repenti — comme le prix du vin, la rémunération de la prostituée ou le gain du devin —, il ressort des propos d’Abû Al-‘Abbâs que si le bénéficiaire ignorait l’interdiction puis l’a apprise, il lui est permis d’en disposer ; mais s’il connaissait l’interdiction dès le départ puis s’est repenti, il doit en faire l’aumône. » Fin de citation.
Quant à ton affirmation selon laquelle il n’existerait, dans ces pays, aucun emploi exempt de telles pratiques, celle-ci est inexacte. En réalité, de nombreux musulmans y exercent des emplois licites. De plus, toi-même, dans ton poste actuel, si tu parviens à éviter la révision des transactions illicites des sociétés et à te limiter aux opérations licites, il te serait permis de conserver ton emploi.
En revanche, si tu n’es pas en mesure d’éviter ces tâches interdites, il t’incombe alors de rechercher un autre emploi licite.
Sache que quiconque craint Allah, Il lui accorde une subsistance, lui suffit et lui prodigue Ses bienfaits. Allah ne laisse pas perdre la récompense des bienfaisants et Il est avec Ses serviteurs croyants. Combien de personnes ont délaissé un travail illicite en pensant, au départ, qu’elles ne trouveraient pas de quoi subvenir à leurs besoins, puis Allah leur a ouvert des portes et leur a accordé une subsistance d’où elles ne s’y attendaient pas. Cela n’a rien d’étonnant, car il s’agit de la promesse d’Allah, et Allah ne manque jamais à Sa promesse.
Allah – Exalté soit-Il – dit :
« Et quiconque craint Allah, Il lui aménage une issue favorable, et lui accorde Sa subsistance d’où il ne s’y attend pas. Et quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit » (Coran 65/2-3).


Et Allah sait mieux.

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