Je suis une femme âgĂ©e de 25 ans. Un jeune homme s'est prĂ©sentĂ© Ă moi en vue d'un mariage. Il travaille au ministère des Finances, au sein du dĂ©partement des prĂŞts. La mission qui lui incombe spĂ©cifiquement consiste Ă mener des investigations (enquĂŞtes de moralitĂ© ou de solvabilitĂ©) sur l'entreprise ou la personne physique qui sollicite un prĂŞt. À l'issue de cette Ă©tude, il rĂ©dige un rapport de synthèse d'une page ou d'une page et demie, dans lequel il Ă©met son avis sur l'Ă©ligibilitĂ© ou non de l'intĂ©ressĂ© Ă l'octroi du prĂŞt, sur la base des donnĂ©es qu'il a collectĂ©es.
Son activité est-elle licite ou illicite ? Dois-je accepter sa demande en mariage ou non ? Il convient de noter que de nombreux prétendants se sont manifestés par le passé mais qu'aucun ne me correspondait, et j'ai malheureusement le sentiment que mon mariage a pris du retard.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Si le travail de ce jeune homme au sein de cette administration porte sur l'étude de demandes de prêts usuraires (comportant des intérêts d'usure / riba), et que son rapport ou son avis influe sur l'octroi du prêt ou en facilite l'obtention, cela constitue une forme d'assistance à l'usure. Or, l'assistance au péché d'usure est illicite, conformément à la parole d'Allah le Très-Haut :
« Entraidez-vous dans l'accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression » (Coran 5/2)
Et conformément au hadith rapporté dans le Sahih de Muslim d'après Jabir – qu'Allah soit satisfait de lui – qui a dit :
« Le Messager d'Allah (Sallallahu Alayhi Wa Sallam) a maudit celui qui se nourrit d'usure, celui qui la pratique pour autrui, celui qui en rédige le contrat et ses deux témoins, en disant : "Ils sont tous égaux [dans le péché]". »
En revanche, si son travail requiert l'étude de prêts usuraires ainsi que de prêts non usuraires (sans intérêts), son salaire pourrait alors être assimilé à la question jurisprudentielle des "biens de source mixte". De plus, s'il agit par interprétation personnelle plausible ou s'il suit l'avis de savants de son pays qui autorisent ce type d'emploi, la situation est alors moins grave à son égard sur le plan du péché.
En conséquence, les éléments que vous avez mentionnés ne suffisent pas pour trancher de manière définitive et vous conseiller de l'accepter ou de le rejeter. Il vous appartient plutôt d'évaluer sa situation globale, à savoir sa piété, sa moralité, la réalité exacte de son travail, ainsi que son degré de réceptivité aux conseils pour évoluer vers un emploi ou un département plus éloigné des ambiguïtés religieuses (choubouhat).
Ce que nous vous conseillons, c'est de faire la prière de consultation (Salat al-Istikhara), de prendre conseil auprès de votre famille et des personnes en qui vous avez confiance tant sur le plan de la religion que de la raison, et de porter un regard équilibré sur ce prétendant. Ce qui est exigé, c'est de rechercher un homme pieux et de bonne moralité, et non d'attendre l'homme parfait exempt de tout défaut.
De même, le fait que le mariage ait tardé ne doit ni pousser la femme à accepter un prétendant dont elle n'agrée ni la piété ni les mœurs, ni la conduire à rejeter un homme pieux et vertueux en raison d'une simple ambiguïté sur laquelle il est possible de le conseiller ou qui est appelée à disparaître.
Nous demandons à Allah de vous accorder le succès et la droiture.
Et Allah sait mieux.
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