Je suis mariĂ© et j’ai des enfants. J’ai Ă©tĂ© contraint de voyager Ă l’étranger pour travailler, m’absentant ainsi pendant cinq mois avant de revenir. Mon Ă©pouse Ă©tait une femme qui aimait les conflits et refusait de me donner mes droits conjugaux. À mon retour, je l’ai trouvĂ©e changĂ©e : elle Ă©tait devenue calme et son comportement s’était amĂ©liorĂ©, ce qui a Ă©veillĂ© des soupçons dans mon cĹ“ur.
En consultant son téléphone, j’ai découvert qu’elle entretenait une relation avec un autre homme et qu’ils étaient tombés dans l’interdit durant mon absence. Cette relation continuait même après mon retour.
Je l’ai donc répudiée discrètement, par crainte du déshonneur qui pourrait poursuivre mes enfants toute leur vie. Cependant, je n’arrive pas à oublier cet homme qui a souillé mon foyer et porté atteinte à mon honneur. Je ne parviens plus à dormir ni à travailler, et ma vie s’est arrêtée. Aurai-je un péché si je lui fais du mal ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Si ce que vous mentionnez est avéré, à savoir que cet homme a porté atteinte à votre honneur en entretenant une relation illicite avec votre épouse, alors il ne fait aucun doute qu’il a commis une grave faute et un immense péché. Il a désobéi à son Seigneur et porté atteinte à votre droit en tant qu’époux, tout comme votre épouse a également fauté. Elle aurait dû craindre son Seigneur et préserver votre honneur en votre absence ; telle est la caractéristique de la femme croyante, comme Allah, Exalté soit-Il, dit :
« Les femmes vertueuses sont obéissantes et préservent ce qui doit être préservé pendant l’absence de leurs maris, grâce à la protection d’Allah. » (Coran 4/34)
Ibn Kathir a dit dans son exégèse :
« As-Suddî et d’autres ont dit : c’est-à-dire qu’elle préserve son mari en son absence, dans sa personne et dans ses biens. » Fin de citation.
Malgré la gravité de ce qu’a commis cet homme, cela ne vous autorise pas à lui nuire. Premièrement, parce qu’il n’y a pas de certitude absolue concernant ce qui lui est attribué ; deuxièmement, parce que l’application des peines légales, lorsque leurs conditions sont réunies — ce qui est extrêmement difficile à établir — relève des autorités compétentes et non des particuliers, afin d’éviter le désordre et le chaos. Il en va de même pour les peines discrétionnaires (ta‘zîr) : leur évaluation revient au dirigeant ou à l’autorité compétente, selon ce que requiert l’intérêt général.
De plus, si vous vous en prenez à lui, vous risquez également de nuire à vos enfants lorsque l’affaire se répandra et que la raison de votre geste — liée à la faute de leur mère — sera connue. Il pourrait alors se produire précisément ce que vous cherchez à éviter.
Maîtrisez donc votre colère, contenez votre ressentiment, détournez votre esprit de cette affaire et occupez-le par ce qui lui sera utile dans votre religion et votre vie d’ici-bas. Multipliez l’évocation d’Allah, Exalté soit-Il, car Allah, Exalté soit-Il, dit :
« Ceux qui ont cru et dont les cœurs se tranquillisent par l’évocation d’Allah. N’est-ce point par l’évocation d’Allah que se tranquillisent les cœurs ? » (Coran 13/28)
Nous attirons également l’attention sur deux points :
Premier point :
Dans la mesure du possible, le mari doit faire en sorte que sa famille vive avec lui là où il réside, afin de préserver sa propre chasteté ainsi que celle de son épouse, et de ne pas la laisser exposée aux “loups humains” et aux personnes qui portent atteinte à l’honneur des gens.
Deuxième point :
Le principe de base est l’interdiction de fouiller dans le téléphone de son épouse, car cela relève de l’espionnage et de l’intrusion interdits par les textes du Coran et de la Sunna. Le changement de comportement mentionné dans la question, ainsi que l’amélioration inhabituelle de son attitude, ne rendent pas pour autant l’espionnage permis.
Et Allah sait mieux.
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