As-Salam alaykoum, Jâai lu quelques articles que vous avez Ă©crit concernant la femme, que je trouve dĂ©placĂ©s voire choquants. Par exemple, l'un autorise Ă l'homme d'interdire Ă sa femme de sortir, chose que Dieu nâa jamais permis dans le Coran, vous vous basez sĂ»rement sur des hadiths mais quelle injustice de puiser dans lâĆuvre d'un ĂȘtre humain de pareilles injustices Ă l'Ă©gard de la femme. Je vois que la doctrine saoudienne wahhabite a eu de l'effet chez vous. Les savants ne sont pas tous dâaccord sur ce point et les saoudiens sâacharnent, eux, sur ce point Ă en oublier mĂȘme la parole d'Allah dans le Coran qui dit que l'Ă©poux est celui qui se comporte convenablement, qui est bon, affectueux et qui se comporte avec sa femme comme il aimerait que sa femme se comporte avec lui (verset 2:228, At-Tabari prĂ©sente dans son Tafsir lâexĂ©gĂšse quâa fait Ibn Abbas dans ce verset-pilier). Accepteriez-vous que votre femme vous interdise de sortir sans aucune raison ? Je ne crois pas. On voit que la femme qui pose la question dans lâarticle et qui a dĂ» ĂȘtre certainement outrĂ©e de la rĂ©ponse souffrait de ce traitement et de ce droit injuste inventĂ© par les hommes dans des hadiths authentifiĂ©s ou mal interprĂ©tĂ©s voire instrumentalisĂ©s en faveur du mari. Les femmes du ProphĂšte (saws) vaquaient Ă leurs occupations extĂ©rieures, Ă un moment oĂč celles-ci Ă©taient la cible dâattaques hypocrites de la part des opposants au ProphĂšte (saws), Dieu les a exhortĂ©s Ă rester en sĂ©curitĂ© dans leur foyer (sourate 33:33) mais pas Ă y ĂȘtre enfermĂ©es ! Le marchĂ© n'est pas un lieu de dĂ©linquance comme il a Ă©tĂ© dit dans votre article et la femme peut sortir comme bon lui semble tant qu'elle ne met pas en pĂ©ril sa vie de famille et sa sĂ©curitĂ© - Et cela va de mĂȘme pour l'homme. Autre chose, le travail de la femme est une sĂ©curitĂ©, ce n'est pas une course contre les hommes ! Une femme qui travaille nâabandonne pas forcĂ©ment son foyer et le mari est lĂ aussi pour s'occuper des enfants et du foyer. Dans une sociĂ©tĂ© oĂč la vie est chĂšre et oĂč la sĂ©curitĂ© de l'emploi s'est fragilisĂ©e - le travail de la femme est une nĂ©cessitĂ©. Le ProphĂšte lui mĂȘme (saws) a Ă©tĂ© soutenu financiĂšrement par sa femme Khadidja dans les moments dures. Les hommes ne remplissent pas toujours leurs devoirs, ils ne subviennent pas toujours financiĂšrement aux besoins de leur femme, donc la femme doit pouvoir compter sur un travail solide pour subvenir aux besoins de sa famille. Le travail d'une femme est une sĂ©curitĂ© contre les injustices de l'homme en toute circonstances. Vous ignorez cette rĂ©alitĂ© dans vos articles en dĂ©nonçant la fĂ©minisation de la sociĂ©tĂ© qui est en partie une bonne chose en soi et en assimilant le travail Ă l'esclavagisme de la femme. C'est une aberration que d'en faire une gĂ©nĂ©ralitĂ©. LâautoritĂ© du mari n'est pas synonyme de despotisme, Dieu parle de ses responsabilitĂ©s Ă soutenir la famille financiĂšrement - c'est tout ! La femme qui lui donne des enfants doit pouvoir ĂȘtre soutenue pour cette raison. Dieu a dit comportez-vous convenablement envers elles mais pas Ordonnez lui ! Interdisez lui ! Telle ou telle chose qui n'est pas blĂąmable comme sortir pour une quelconque raison mĂȘme sans nĂ©cessitĂ©. La femme dans l'islam est un sujet Ă©pineux que, je pense, vous avez maladroitement traitĂ©. PrivilĂ©giez le coran sur les hadiths et lisez ces deniers Ă la lumiĂšre du coran pas le contraire. A force d'ĂȘtre obnubilĂ©s par les hadiths vous oubliez la parole d'Allah dans le Coran qui dĂ©fini comme fondement du couple dans l'islam : la rĂ©ciprocitĂ© et le respect de chacun envers lâautre.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur Son ProphÚte et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons.
Nous vous remercions, chĂšre sĆur, pour votre souci de mieux comprendre votre religion et de communiquer avec nous, et nous implorons Allah, exaltĂ© soit-Il, de nous guider tous vers ce quâIl aime et agrĂ©e, de nous montrer la VĂ©ritĂ© telle quâelle est et de nous aider Ă la suivre, et de nous montrer le Faux tel quâil est, en nous aidant Ă lâĂ©viter.
Tout dâabord, nous devons nous mettre dâaccord sur le fait que lâIslam dĂ©signe le fait de se soumettre totalement Ă Allah, exaltĂ© soit-Il, et Ă Son jugement. Autrement dit, sâil est Ă©tabli quâAllah, exaltĂ© soit-Il, a prescrit une chose dans Son Livre ou par le biais de Son ProphĂšte (
), alors il faut lâaccepter avec soumission, car c'est une condition sine qua non de la foi. Allah, exaltĂ© soit-Il, dit (sens du verset) :
« Non ! Par ton Seigneur ! Ces gens ne seront de vrais croyants que lorsquâils tâauront pris pour juge de leurs diffĂ©rends et auront acceptĂ© tes sentences sans ressentiment, en sây soumettant entiĂšrement » (Coran 4/65).
Lorsque nous discutons d'une question quelconque avec des musulmans, notre prioritĂ© nâest pas de montrer que les prescriptions divines sont conformes aux exigences de la raison et de la nature humaine et quâelles visent la rectitude de lâindividu et de la sociĂ©tĂ© toute entiĂšre (bien que ce soit lĂ la finalitĂ© de la Charia). Ce qui nous importe en premier lieu câest de prouver que ces prescriptions proviennent dâAllah, exaltĂ© soit-Il, ce qui est suffisant pour quâun musulman les accepte avec soumission, car accepter les prescriptions divines est une exigence de la foi. Allah, exaltĂ© soit-Il, dit (sens des versets) :
⹠« La seule rĂ©ponse quâil sied aux croyants de donner quand ils sont convoquĂ©s devant Allah et Son ProphĂšte pour que celui-ci juge leurs diffĂ©rends, est de dire : 'Nous avons entendu et nous obĂ©issons !'. Ce sont ceux-lĂ les bienheureux, car ceux qui obĂ©issent Ă Allah et Ă Son ProphĂšte, qui craignent Allah et Le redoutent, ceux-lĂ sont sĂ»rs de rĂ©ussir » (Coran 24/51-52) ;
⹠« Il nâappartient pas Ă un croyant ou Ă une croyante, une fois quâAllah et Son messager ont dĂ©cidĂ© dâune chose dâavoir encore le choix dans leur façon dâagir. Et quiconque dĂ©sobĂ©it Ă Allah et Ă Son messager, sâest Ă©garĂ© certes, dâun Ă©garement Ă©vident » (Coran 33/36).
Cela ne signifie pas que nous ignorions la sagesse contenue dans les dispositions de la Charia mais que notre foi absolue en Allah, exaltĂ© soit-Il, nous dispense Ă la base de rechercher Ă chaque fois ces sagesses, car nous sommes parfaitement certains quâune sagesse existe dans chaque disposition divine. La vĂ©rification nâintervient quâen second lieu pour ancrer davantage notre foi et notre certitude.
Commençons par la fin de votre question, lĂ oĂč vous dites : « PrivilĂ©giez donc le Coran sur les hadiths et lisez ces derniers Ă la lumiĂšre du Coran », et ainsi de suite.
Nous disons : nous acceptons effectivement les prescriptions du Coran et nous nous y soumettons dans ce qui a trait à la pratique ou à la croyance. Allah, exalté soit-Il, dit (sens des versets) :
⹠« Nous nâavons envoyĂ© de Messager que pour quâil soit obĂ©i par la permission dâAllah » (Coran 4/64) ;
⹠« Quiconque obéit au Messager obéit certainement à Allah » (Coran 4/80).
Donc lâobĂ©issance au ProphĂšte (
) est une obligation qui revient Ă obĂ©ir Ă Allah, exaltĂ© soit-Il, car Ă lâorigine, le ProphĂšte (
) nâa rien lĂ©gifĂ©rĂ© de lui-mĂȘme ; il nâa fait que transmettre la RĂ©vĂ©lation. Allah, exaltĂ© soit-Il, dit (sens des versets) : « Et il ne prononce rien sous lâeffet de la passion ; ce nâest rien dâautre quâune rĂ©vĂ©lation inspirĂ©e » (Coran 53/3-4). Il nâest donc pas permis de faire la distinction entre le Coran de la Sunna et dâinvoquer une divergence entre les deux car tout provient de la mĂȘme source divine. Quant Ă savoir lequel des deux explique lâautre, câest la Sunna qui explique les versets et dispositions du Coran, puisquâAllah, exaltĂ© soit-Il, dit (sens des versets) :
⹠« Et vers toi, Nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce quâon a fait descendre pour eux et afin quâils rĂ©flĂ©chissent » (Coran 16/44) ;
⹠« Et Nous nâavons fait descendre sur toi le Livre quâafin que tu leur montres clairement le motif de leur dissension, de mĂȘme quâun guide et une misĂ©ricorde pour des gens croyants » (Coran 16/64).
Ainsi, il sâavĂšre que la Sunna explicite et dĂ©taille les enseignements du Coran, si bien quâil sâavĂšre impossible de comprendre ce dernier sans la Sunna. Câest la raison pour laquelle un Ă©rudit a dit : « Le Coran a plus besoin de la Sunna que la Sunna a besoin du Coran. En fait, la Sunna explique le Coran mais le Coran n'explique pas la Sunna ». Dans lâintroduction de son exĂ©gĂšse, al-Qurtubi, qu'Allah lui fasse misĂ©ricorde, rapporte que âImrĂąn ibn Hussayn, quâAllah soit satisfait de lui, interrogea un idiot : « Trouves-tu dans le Livre dâAllah que la priĂšre de midi sâaccomplie en quatre Rak'as, dans lesquelles la lecture doit se faire Ă voix basse ? ». Il Ă©numĂ©ra ensuite la priĂšre, lâaumĂŽne, etc., et conclut en disant : « Trouves-tu ces dispositions expliquĂ©es dans le Livre dâAllah ? Le Coran en a parlĂ© de maniĂšre globale et câest la Sunna qui les explique ». De son cĂŽtĂ©, HassĂąn ibn âAtiyah a dit que : « La RĂ©vĂ©lation descendait sur le ProphĂšte (
), puis DjibrĂźl (
) lui apportait la Sunna pour lâĂ©claircir ». Mak-hĂ»l a dĂ©clarĂ© que : « Le Coran a plus besoin de la Sunna que la Sunna du Coran ». Et Yahya ibn AbĂź KathĂźr de renchĂ©rir : « La Sunna explique le Coran mais le Coran n'explique pas la Sunna ».
Ceci montre que le Coran doit ĂȘtre lu Ă la lumiĂšre de la Sunna, et non pas le contraire ! Qui plus est, le ProphĂšte (Salla Allahu Alaihi wa Sallam) a dit :
⹠« Jâai reçu le Livre et son Ă©quivalent » [Ahmed et Abou Daoud (al-AlbĂąni : sahĂźh)] ;
⹠« Il sâen faut de peu pour quâun homme repus, prĂ©lassĂ© sur son divan, aprĂšs avoir pris connaissance de lâun de mes hadiths dise : â Le livre dâAllah est lĂ pour nous dĂ©partager ; ce que nous y trouverons licite nous le jugerons licite et ce que nous y trouverons illicite, nous le jugerons illiciteâ. Or, ce que le Messager (
) a interdit équivaut à ce qu'Allah ce qu'Allah a interdit. » [al-Tirmidhi, ibn Mùdjah et Ahmed (al-Albùni : sahßh)].
Ce qui prĂ©cĂšde permet de mesurer le degrĂ© de tĂ©mĂ©ritĂ© et de sophisme de lâauteur de la question lorsquâelle dĂ©crit ceux qui se basent sur les hadiths pour prouver les dispositions de la Charia en disant : « Vous vous basez sĂ»rement sur des hadiths mais quelle injustice que de puiser dans lâĆuvre d'un ĂȘtre humain de pareilles injustices Ă l'Ă©gard de la femme » !
Il faut Ă©galement souligner que lâexplication du Coran par la Sunna est identique Ă lâexplication des versets coraniques les uns par les autres. Car il y a des textes ayant un sens gĂ©nĂ©ral qui doivent ĂȘtre traitĂ©s avec les textes ayant un sens spĂ©cifique. Et cela ne signifie pas que le Coran se contredise. Allah, exaltĂ© soit-Il, dit (sens du verset) :
« Ne mĂ©ditent-ils donc pas sur le Coran ? Sâil provenait dâun autre quâAllah, ils y trouveraient certes maintes contradictions ! » (Coran 4/82).
Les contradictions que certains trouvent entre le Coran et la Sunna sont seulement le fruit de leur imagination et de leur (mauvaise) comprĂ©hension et nâont en rĂ©alitĂ© aucun fondement. Prenons Ă titre dâexemple vos propos qui illustrent ces prĂ©somptions. Vous avez compris que les versets (sens du verset) : « Quant Ă elles, elles ont des droits Ă©quivalents Ă leurs obligations, conformĂ©ment Ă la biensĂ©ance » (Coran 2/228) et (sens du verset) : « Et comportez-vous convenablement envers elles » (Coran 4/19) sâopposent au fait que la femme doive demander la permission de son mari pour sortir de son foyer ! Pour tirer cette question au clair, nous devons prĂ©ciser ce qui suit :
PremiĂšrement : aucune disposition nâinterdit Ă la femme de sortir de chez elle, du moment quâelle respecte les normes de la Charia, c'est-Ă -dire quâelle doit porter le voile et Ă©viter de se parfumer, de se mĂȘler aux hommes dâune maniĂšre suspecte et de leur adresser la parole avec complaisance, entre autres rĂšgles tirĂ©es du Coran et de la Sunna authentique. Cependant, il lui est prĂ©fĂ©rable de rester au foyer, sauf en cas de nĂ©cessitĂ© : comme Ă©tudier, maintenir les liens de parentĂ©, occuper une fonction adĂ©quate utile aux musulmans, comme le fait de soigner ou dâinstruire les femmes, Ă condition quâelle ne nĂ©glige pas pour cela un devoir qui lui incombe.
On peut citer Ă©galement dans le cadre de ces nĂ©cessitĂ©s le fait de gagner sa vie, sâil nây a personne pour lâentretenir. La preuve se trouve dans lâhistoire de MĂ»sĂą (
) avec le peuple de Madyan. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) :
« ArrivĂ© enfin au point dâeau de Madyan, il y trouva un attroupement de gens occupĂ©s Ă abreuver leurs troupeaux, pendant que deux jeunes femmes, retenant leurs bĂȘtes, se tenaient Ă lâĂ©cart. âQuel est votre problĂšme ?â, leur demanda MĂ»sĂą. âNous ne pouvons, rĂ©pondirent-elles, abreuver notre troupeau que lorsque les bergers seront partis, car notre pĂšre est dâun Ăąge fort avancé⠻ (Coran 28/23).
Al-Saâdi dans son exĂ©gĂšse, affirme que l'une des leçons tirĂ©es de ce rĂ©cit est la licĂ©itĂ© pour la femme de sortir de chez elle pour gagner sa vie et la licĂ©itĂ© de parler aux hommes sans complaisance, comme lâa fait la sĆur de MĂ»sĂą (
) et les filles du pieux habitant de Madyan.
Nous vous recommandons de consulter lâexĂ©gĂšse de cette histoire dans la sourate al-Qassas (le RĂ©cit), pour connaĂźtre les rĂšgles que la femme doit observer en sortant de chez elle et en parlant aux hommes lorsque le besoin se fait sentir, ainsi que les mesures quâelle doit prendre pour ne pas sortir de chez elle, dont le fait de louer les services dâune personne pour accomplir les tĂąches nĂ©cessaires hors de la maison, pour ne pas ĂȘtre contrainte de sortir.
DeuxiĂšmement : la femme mariĂ©e a des devoirs envers son mari, tout comme elle a des droits Ă obtenir de lui. Parmi ces devoirs, figure le fait de demander sa permission avant de sortir de son foyer, Ă partir du moment oĂč il lui fournit tous ses besoins et lui Ă©pargne la peine de sortir de chez elle.
En rĂ©alitĂ©, ceci ne sâoppose absolument pas aux deux versets susmentionnĂ©s, puisquâAllah, exaltĂ© soit-Il, a fait de la biensĂ©ance et du comportement convenable des conditions pour l'application de ces dispositions, et ceci rentre dans le cadre de la biensĂ©ance. Certains oulĂ©mas ont confirmĂ© ce fait par d'autres versets encore. Dans lâEncyclopĂ©die jurisprudentielle, une citation dâal-KĂąssĂąni, dans le contexte des dispositions du mariage en bonne et due forme, Ă©voque le droit du mari Ă retenir son Ă©pouse au foyer et Ă lui interdire de sortir et de se montrer, en vertu du verset (sens du verset) : « Et faites que ces femmes habitent oĂč vous habitez, et suivant vos moyens » (Coran 65/6). Lâordre de loger les femmes dans ce verset implique lâinterdiction quâelle sorte, quâelle se montre et de les faire sortir, car le fait dâordonner une chose implique lâinterdiction de son contraire. Il y a Ă©galement d'autres versets qui vont dans le mĂȘme sens comme (sens des versets) :
⹠« Restez dans vos foyers » (Coran 33/33) ;
⹠« Ne les faites pas sortir de leurs maisons, et quâelles nâen sortent pas » (Coran 65/1).
Al-Qurtubi, qu'Allah lui fasse misĂ©ricorde, a dit : « Ce verset ordonne aux femmes de rester dans leurs foyers. Sâil est vrai que le discours est adressĂ© aux Ă©pouses du ProphĂšte (
) lâensemble des musulmanes est Ă©galement concernĂ©e. Si ce verset Ă©tait la seule preuve pour inclure lâensemble des femmes, elle serait suffisante. Or, on remarque que la Charia comprend une multitude de dispositions ordonnant aux femmes de rester dans leur foyer et les exhortant Ă ne pas sortir sauf en cas de nĂ©cessitĂ© ».
Tel Ă©tait l'avis de jurisconsultes datant de plusieurs siĂšcles prĂ©cĂ©dant la naissance du cheikh Mohammed ibn âAbd al-WahhĂąb. Ont-ils Ă©tĂ©, eux aussi, influencĂ©s par la doctrine wahhabite ?
La Sunna nous apporte d'autres preuves sur cette question. Le ProphĂšte (
) a dit : « Si vos femmes vous demande la permission de se rendre Ă la mosquĂ©e, ne les en empĂȘchez pas. » (Boukhari et Mouslim). Ce hadith prouve que, en principe, le mari est en droit de le lui interdire, et cela implique que la femme doit demander lâautorisation de son mari. Dans son ouvrage intitulĂ© Fath al-BĂąrĂź, Ibn Hadjar a dit concernant les enseignements de ce hadith : « La femme ne doit donc pas sortir de chez elle sans la permission de son mari. Si tel nâavait pas Ă©tĂ© le cas, le ProphĂšte (Salla Allahu Alaihi wa Sallam) aurait directement ordonnĂ© Ă la femme de se rendre Ă la mosquĂ©e, avec ou sans la permission de son mari. Il n'y a, Ă notre connaissance, aucune divergence entre les oulĂ©mas sur le fait que la femme ne doit pas se rendre Ă la mosquĂ©e sans la permission de son mari. Cet avis a Ă©tĂ© partagĂ© â entre autres â par Ibn MubĂąrak, Al-ChĂąfiâi, MĂąlik et Ahmed. Cependant, selon certains oulĂ©mas contemporains, il suffit pour la femme en guise de permission que son mari soit au courant de sa sortie et ne le lui interdise pas.
Observez donc, quâAllah vous fasse misĂ©ricorde, ce consensus relatĂ© par ce savant du VIIIĂšme siĂšcle de lâHĂ©gire, qui ont rendu lâĂąme quatre siĂšcles avant la naissance dâIbn âAbd al-WahhĂąb.
La permission que la femme doit demander Ă son mari est comparable Ă celle, par exemple, que demande l'employĂ© au responsable de lâentreprise dans laquelle il travaille. Elle vise seulement Ă faire respecter la discipline, Ă©viter le dĂ©sordre et permet la communication dans sa gestion.
Quant Ă ce que vous dites sur lâordre de rester au foyer et le fait qu'il soit adressĂ© uniquement aux Ă©pouses du ProphĂšte (
) car « elles Ă©taient la cible dâattaques par les hypocrites ou les opposants du ProphĂšte (
) » et que « Dieu les a exhortĂ©es Ă rester en sĂ©curitĂ© dans leurs foyers (sourate 33:33) mais pas Ă y ĂȘtre enfermĂ©es ! », il ne s'agit d'aucune maniĂšre de propos que peut tenir quelquâun qui a mĂ©ditĂ© sur la Parole dâAllah, exaltĂ© soit-Il, ou qui la comprend Ă la lumiĂšre de la Sunna et de la biographie du ProphĂšte (
). En effet, Allah, exaltĂ© soit-Il, fait suivre lâordre donnĂ© aux femmes de rester dans leurs foyers dâune interdiction qui met en relief le sens du verset. Il dit Ă Lui la Gloire (sens du verset) : « Restez dans vos foyers ; et ne vous exhibez pas Ă la maniĂšre des femmes dâavant lâIslam (DjĂąhiliyah) » (Coran 33/33), puis Il montre la sagesse et la moralitĂ© de cet ordre lorsqu'Il dit (sens du verset) : « Allah ne veut que vous dĂ©barrasser de toute souillure, ĂŽ gens de la maison [du ProphĂšte], et veut vous purifier pleinement » (Coran 33/33). Câest lĂ une sagesse Ă©vidente. Et câest pour cela quâAllah, exaltĂ© soit-Il, dit Ă©galement dans la mĂȘme sourate (sens du verset) : « Et si vous leur demandez (Ă ses femmes) quelque objet, demandez-le leur derriĂšre un rideau » (Coran 33/53), et Il explique, Ă Lui la Gloire, la raison de cet ordre lorsqu'Il dit (sens du verset) : « Câest plus pur pour vos cĆurs et leurs cĆurs » (Coran 33/53). Al-Saâdi a interprĂ©tĂ© ce verset ainsi : « Cela permet de rester Ă l'Ă©cart des suspicions. Plus lâhomme s'Ă©loigne des causes du mal, plus cela est sain et plus pur pour son cĆur. Câest pourquoi, on constate que lâun des enseignements religieux dont Allah, exaltĂ© soit-Il, a mentionnĂ© de nombreux dĂ©tails, stipule que tout chemin, procĂ©dĂ©, ou principe dĂ©bouchant sur un mal est interdit et quâil est demandĂ© de s'en Ă©carter par tous les moyens ».
TroisiĂšmement : pour prouver que l'Islam reconnaĂźt lâĂ©galitĂ© entre l'homme et la femme dans les droits vous avancez le verset dans lequel Allah, exaltĂ© soit-Il, dit (sens du verset) : « Quant Ă elles, elles ont des droits Ă©quivalents Ă leurs obligations, conformĂ©ment Ă la biensĂ©ance » (Coran 2/228), Or, celui qui lit le verset jusquâĂ la fin â a fortiori une personne versĂ©e dans les sciences du Coran â ne peut, en aucun cas, avancer une telle chose. Allah exaltĂ© soit-Il, dit en effet, tout de suite aprĂšs (sens du verset) : « Mais les hommes ont cependant une prĂ©dominance sur elles » (Coran 2/228). Ibn KathĂźr, qu'Allah lui fasse misĂ©ricorde, explique : « Cette prĂ©dominance de l'homme sur la femme se situe dans la constitution physique, le rang de l'homme, et les responsabilitĂ©s qui lui incombent d'entretenir le foyer et de subvenir Ă ses besoins ainsi que par le devoir dâobĂ©issance que lui doit la femme et son mĂ©rite dans ce bas monde et dans lâau-delĂ , en vertu du verset (sens du verset) :
âLes hommes ont la charge et la direction des femmes en raison des avantages qu'Allah leur a accordĂ©s sur elles, et en raison aussi des dĂ©penses quâils effectuent pour assurer leur entretien. En revanche, les Ă©pouses vertueuses sont obĂ©issantes, demeurent toujours fidĂšles Ă leurs maris pendant leur absence et prĂ©servent leur honneur, conformĂ©ment Ă lâordre qu'Allah a prescrit.â (Coran 4/34) ».
Bien que lâĂ©galitĂ© entre l'homme et la femme dans les droits et les dispositions de la Charia soit la rĂšgle de base en Islam, il nâen demeure pas moins que ce principe est limitĂ© par cette prĂ©dominance qu'Allah, exaltĂ© soit-Il, a confĂ©rĂ©e aux hommes. Par exemple, le tĂ©moignage de lâhomme Ă©quivaut Ă celui de deux femmes, ainsi que sa part dans lâhĂ©ritage. Ce sont les indications du Coran que vous nous avez conseillĂ© de privilĂ©gier ! Allah, exaltĂ© soit-Il, dit (sens du verset) : « Le garçon nâest pas comme la fille » (Coran 3/36).
Nous vous invitons à lire et à méditer sur le verset dans lequel Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) :
« Les hommes ont la charge et la direction des femmes en raison des avantages qu'Allah leur a accordĂ©s sur elles, et en raison aussi des dĂ©penses quâils effectuent pour assurer leur entretien. En revanche, les Ă©pouses vertueuses sont obĂ©issantes, demeurent toujours fidĂšles Ă leurs maris pendant leur absence et prĂ©servent leur honneur, conformĂ©ment Ă lâordre qu'Allah a prescrit. » (Coran 4/34).
Vous trouverez dans ces versets quelques rĂšgles coraniques rĂ©gissant la relation entre les deux Ă©poux. InterprĂ©tant ce verset, al-Tabari, qu'Allah lui fasse misĂ©ricorde, que vous mentionnez dans votre argumentation, dit : « Il sâagit lĂ dâune prĂ©valence quâAllah, exaltĂ© soit-Il, a confĂ©rĂ©e aux hommes. Câest pourquoi ils ont autoritĂ© sur leurs Ă©pouses et ces derniĂšres sont tenues d'obĂ©ir Ă leurs ordres dans le cadre dĂ©fini par Allah, exaltĂ© soit-Il (âŠ). Ibn âAbbĂąs, quâAllah soit satisfait de lui et de son pĂšre, a commentĂ© ce verset ainsi : âCette autoritĂ© signifie que lâhomme est le chef de la famille, et que son Ă©pouse doit lui obĂ©ir dans les limites de ce quâAllah, exaltĂ© soit-Il, a prescrit. Cette obĂ©issance consiste pour l'Ă©pouse Ă bien traiter la famille de son Ă©poux et Ă protĂ©ger ses biens. Lâentretien de lâĂ©pouse et les responsabilitĂ©s attribuĂ©s Ă lâhomme envers sa famille lui donnent cette supĂ©riorité⠻.
Et Ibn KathĂźr, qu'Allah lui fasse misĂ©ricorde, de renchĂ©rir : « C'est-Ă -dire quâil est son chef, son dirigeant et son Ă©ducateur en cas dâĂ©cart de conduite ».
Ainsi, il sâavĂšre que le Coran ne dit pas, comme vous le prĂ©tendez, que « Dieu parle des responsabilitĂ©s de l'homme Ă soutenir sa famille financiĂšrement â c'est tout ! » ! Nous soulignons en lâoccurrence que lâhomme est tenu dâentretenir son Ă©pouse, mĂȘme si elle est riche ou possĂšde plus dâargent que lui. Si le mari n'a pas les moyens dâentretenir son Ă©pouse et que celle-ci ne possĂšde pas dâargent pour pourvoir Ă ses besoins, la Charia l'autorise Ă quitter son foyer pour travailler et pour gagner sa vie, mĂȘme sans la permission de son mari. Aux yeux de la Charia la permission que la femme doit demander Ă son mari en sortant de son foyer est donc liĂ©e Ă la capacitĂ© du mari d'entretenir son Ă©pouse et de lui Ă©pargner la peine de sortir et de travailler.
QuatriĂšmement : nous sommes dâaccord avec vous sur le fait que cette autoritĂ© nâest pas synonyme de despotisme, il sâagit plutĂŽt dâune responsabilitĂ© et dâun lien fort qui ont donnĂ© lieu Ă une sĂ©rie de droits et de devoirs pour les deux Ă©poux. Dans son ouvrage intitulĂ© Al-ZawĂądj fĂź Dhill al-IslĂąm (Le mariage Ă la lumiĂšre de lâIslam), le Dr. âAbd al-RahmĂąn âAbd al-KhĂąliq explique : « LâautoritĂ© de lâhomme sur son Ă©pouse signifie que c'est lui qui doit rectifier sa conduite en cas de besoin, et c'est lui qui a le dernier mot au foyer. Si certains jugent que cette autoritĂ© est un droit accordĂ© Ă lâhomme, nous prĂ©fĂ©rons plutĂŽt la considĂ©rer comme un devoir. En fait, lâhomme est responsable de son Ă©pouse ; c'est une responsabilitĂ© confiĂ©e par Allah, exaltĂ© soit-Il. Le ProphĂšte (
) a dit : âLâhomme est responsable de sa famille et il sera interrogĂ© sur cette responsabilitĂ©â. Donc, cette autoritĂ© ne signifie pas que l'homme doit ĂȘtre un tyran dans son foyer et imposer ses ordres Ă son Ă©pouse, qu'il ait raison ou non, mais plutĂŽt le devoir de bien gĂ©rer la vie conjugale et avec tact et biensĂ©ance, consulter sa femme, ĂȘtre prompt Ă lui prodiguer conseil et Ă se montrer intransigeant face Ă toute forme de dĂ©viance et de dĂ©sobĂ©issance ».
De son cĂŽtĂ©, al-Saâdi, qu'Allah lui fasse misĂ©ricorde, a affirmĂ© : « Ceci prouve que lâhomme est pour son Ă©pouse comme un chef et un maĂźtre. Il assume la charge quâAllah, exaltĂ© soit-Il, lui a confiĂ©. LâĂ©pouse, elle, doit obĂ©ir Ă Allah, exaltĂ© soit-Il, et Ă son mari. VoilĂ pourquoi Allah, exaltĂ© soit-Il, dit (sens du verset) âles Ă©pouses vertueuses sont obĂ©issantes, demeurent toujours fidĂšles Ă leurs maris pendant leur absence et prĂ©servent leur honneurâ (Coran 4/34), c'est-Ă -dire que l'Ă©pouse obĂ©issante est celle qui obĂ©it Ă Allah et Ă son mari, mĂȘme en son absence, en prĂ©servant son honneur et ses biens ».
CinquiĂšmement : la distinction entre lâhomme et la femme dans certaines dispositions de la Charia contient assurĂ©ment une moralitĂ© et une sagesse claires et Ă©videntes. Si lâon observe les diffĂ©rences physiques et psychiques entre l'homme et la femme, on comprend rapidement que cette distinction relĂšve de lâĂ©quitĂ© et de la misĂ©ricorde de lâIslam. Le but est de donner Ă chacun dâeux son droit et la responsabilitĂ© qui lui convient. La nature admet ces diffĂ©rences entre l'homme et la femme. Ces diffĂ©rences nâexistent-elles pas dans le domaine du sport par exemple ? Pourquoi y a-t-il des compĂ©titions sportives pour les hommes et d'autres pour les femmes ? Pourquoi cette sĂ©paration n'est-elle pas considĂ©rĂ©e comme une discrimination ? OĂč sont donc les partisans de lâĂ©galitĂ© homme-femme face Ă cette sĂ©grĂ©gation ? Ou alors, sâagit-il seulement dâune manifestation de frivolitĂ© et de la partialitĂ© de ces personnes Ă lâĂ©gard de tout ce qui provient dâAllah, exaltĂ© soit-Il ? Autre exemple : les femmes normalement constituĂ©es choisissent dĂ©libĂ©rĂ©ment de se distinguer des hommes dans leurs tenues vestimentaires et leur apparence, Ă tel point que mĂȘme les couleurs quâelles jugent plus adĂ©quates Ă leur fĂ©minitĂ© sont diffĂ©rentes.
Dans son ouvrage intitulĂ© AdwĂąâ al-BayĂąn, le cheikh al-ChanqĂźti, qu'Allah lui fasse misĂ©ricorde, a abordĂ© la question en interprĂ©tant le verset dans lequel Allah, exaltĂ© soit-Il, dit (sens du verset) : « Certes, ce Coran guide vers ce quâil y a de plus droit » (Coran 17/9). AprĂšs avoir citĂ© une sĂ©rie de versets coraniques, il a dit : « Il est Ă©vident que la femme, par nature, est faible physiquement et psychologiquement. Une personne dotĂ©e d'un esprit sain, capable de discerner les choses, comprendra aisĂ©ment quâune crĂ©ature faible par nature soit placĂ©e sous la tutelle dâune autre plus complĂšte et plus forte qui lui procurera ce qu'elle ne peut pas se procurer et la dĂ©fendra lorsquâelle ne peut pas se dĂ©fendre. Allah, exaltĂ© soit-Il, dit (sens du verset) : â Les hommes ont la charge et la direction des femmes en raison des avantages qu'Allah leur a accordĂ©s sur ellesâ (Coran 4/34). La sagesse parfaite veut que le faible soit placĂ© sous la tutelle du fort. Il est donc naturel que lâhomme soit tenu dâentretenir ses femmes et de sâoccuper d'elles. Raison pour laquelle Allah, exaltĂ© soit-Il, poursuit (sens du verset) : âEt aussi Ă cause des dĂ©penses quâils font de leurs biensâ (Coran 4/34).
En fait, Allah, exaltĂ© soit-Il, a donnĂ© Ă la femme des qualitĂ©s qui lui sont spĂ©cifiques et qui lui permettent de contribuer Ă sa maniĂšre au dĂ©veloppement de la sociĂ©tĂ©. Ainsi la femme possĂšde des capacitĂ©s que l'homme ne possĂšde pas, comme sa capacitĂ© de donner naissance aux enfants, de les allaiter, et de les Ă©duquer et sa disposition plus naturelle Ă assumer les charges de son foyer. Ce rĂŽle quâelle assume au sein de son foyer en prĂ©servant sa chastetĂ©, son honneur, sa vertu et ses valeurs morales, nâest pas moins important que celui assumĂ© par lâhomme qui travaille. Les ignares incroyants et leurs partisans prĂ©tendent que la femme a le droit de travailler hors de son foyer, au mĂȘme titre que lâhomme, bien que, pendant la pĂ©riode de grossesse, dâallaitement et de lochies, la femme soit incapable d'effectuer un travail pĂ©nible, comme chacun peut le constater. Si les deux Ă©poux travaillent, qui va alors assumer les responsabilitĂ©s du foyer telles que : lâĂ©ducation des enfants, lâallaitement des nourrissons et la prĂ©paration des repas pour le mari lorsqu'il rentre de son travail ? Et si les deux Ă©poux emploient quelquâun pour accomplir ces tĂąches, ce salariĂ© sera lui-mĂȘme trop occupĂ© par les charges dâun foyer Ă©galement trop occupĂ©, Ă la place de la femme qui aura fui ses responsabilitĂ©s. Au final la banalisation de lâactivitĂ© des femmes hors de leurs foyers est un cercle vicieux qui met Ă mal le sens de lâhonneur et la religiositĂ© ».
Dans son ouvrage intitulĂ© âAwdat al-HidjĂąb, le Dr. Mohammed IsmaĂŻl a dĂ©clarĂ© : « LâIslam a d'abord portĂ© un regard sur la nature humaine de la femme, ses aptitudes et sa dignitĂ©. Il lui a attribuĂ© ensuite des fonctions adaptĂ©es Ă cette nature. Il lâa Ă©loignĂ©e des tĂąches qui ne sont pas en accord avec sa nature ou qui lâempĂȘchent d'assumer pleinement sa fonction au sein de la sociĂ©tĂ©. De lĂ , les dispositions consacrĂ©es Ă la femme ont Ă©tĂ© plus ou moins diffĂ©rentes de celles de lâhomme. L'Islam l'a mĂȘme exonĂ©rĂ©e de certaines charges religieuses et sociales, comme la priĂšre du vendredi, les vĂȘtements de lâIhrĂąm pendant le Hadjj, le djihad sauf en cas de conscription gĂ©nĂ©rale, entre autres tĂąches qui ne sont pas adaptĂ©es Ă sa nature et qu'elle aurait beaucoup de mal Ă assumer. Le partage des responsabilitĂ©s conjugales entre lâhomme et la femme obĂ©it Ă cette diffĂ©rence de nature entre les deux sexes.
En fait, Allah, exaltĂ© soit-Il, a favorisĂ© lâhomme en lui octroyant une plus grande force physique et mentale qui le rendent plus apte au travail, Ă la protection de la Nation et de lâÉtat en gĂ©nĂ©ral et de son foyer en particulier ; il est donc tenu dâentretenir sa famille et, corrĂ©lativement, il dĂ©tient l'autoritĂ© sur son Ă©pouse. Ainsi les hommes sont-ils chargĂ©s de prĂ©sider aux affaires publiques et familiales, sans quoi, il ne saurait y avoir dâordre publique ni familial. Il en rĂ©sulte que toutes les tĂąches extĂ©rieures relĂšvent de la compĂ©tence de lâhomme, ce qui est en concordance avec sa nature. Quant Ă la femme, sa nature spĂ©cifique lui permet d'assumer d'autres charges comme la grossesse, lâallaitement, lâĂ©ducation des enfants et les tĂąches mĂ©nagĂšres ».
Nous vous conseillons de consulter la traduction de cet ouvrage, et notamment son deuxiĂšme volume, qui a pour titre Al-Marâah Bayna TakrĂźm al-IslĂąm wa IhĂąnat al-DjĂąhiliyah (la femme : honorĂ©e par lâIslam, humiliĂ©e par lâignorance prĂ©islamique).
Il nous reste Ă aborder la doctrine wahhabite que vous Ă©voquez dans votre question ! Nous vous conseillons simplement dâĂȘtre objective dans votre critique et de vĂ©rifier vos propos avant de lancer des accusations. Nous avons lâimpression que vous ne connaissez rien de la doctrine wahhabite hormis quelques vagues idĂ©es colportĂ©es par les ennemis de cette doctrine. Nous vous demandons ainsi qu'Ă ceux qui pensent de la mĂȘme maniĂšre que vous, de ne pas formuler un avis sans fondement ou Ă©mettre un jugement sans revenir aux rĂ©fĂ©rences et aux Ă©crits des auteurs en question. Nous devons tous obtempĂ©rer Ă lâordre dâAllah, exaltĂ© soit-Il, Qui dit (sens du verset) : « Demandez donc aux gens du rappel si vous ne savez pas » (Coran 16/43).
Al-Saâdi a indiquĂ© Ă propos de ce verset : « Ce verset est gĂ©nĂ©ral et concerne toutes les questions fondamentales et auxiliaires de la religion. Si quelquâun ignore une question quelconque, il doit sâinformer Ă son sujet auprĂšs de ceux qui la connaissent. Ce verset nous ordonne dâapprendre et dâinterroger les oulĂ©mas, car ils sont enjoints dâenseigner aux gens le savoir et de rĂ©pondre Ă leurs questions dans la mesure de ce quâils connaissent ».
Il faut tenir compte de la parole du ProphĂšte (
) qui nous a dit : « Ils auraient dĂ» poser la question puisqu'ils ne savaient pas ! En effet, la question est le remĂšde contre lâignorance » [Abou Daoud, ibn MĂądjah et Ahmed (al-AlbĂąni : sahĂźh)].
Dans son ouvrage intitulĂ© Al-TamhĂźd, ibn âAbd al-Barr conclut : « Il incombe Ă chaque croyant et Ă chaque croyante de demander, dĂšs lors quâils ignorent une question de la religion ».
Nous tenons Ă attirer votre attention sur un point important, il s'agit du fait qu'une personne sensĂ©e doit respecter l'avis des spĂ©cialistes. Si seuls les mĂ©decins peuvent parler de mĂ©decine et seuls les ingĂ©nieurs peuvent parler d'ingĂ©nierie, la mĂȘme chose vaut pour la religion. Les oulĂ©mas sont donc les seuls capables dâinterprĂ©ter et de juger les choses licites et illicites. Quiconque parle de la religion dâAllah, exaltĂ© soit-Il, et de la Charia sans connaissance prĂ©alable montre les dĂ©fauts de son raisonnement, et cela ne portera jamais prĂ©judice Ă la religion dâAllah, exaltĂ© soit-Il, ni Ă la Charia, qui sont suffisamment claires et prĂ©cises. Allah, exaltĂ© soit-Il, dit (sens du verset) :
« Ils veulent Ă©teindre avec leurs bouches la lumiĂšre dâAllah, alors quâAllah ne veut que parachever Sa lumiĂšre, quelque rĂ©pulsion quâen aient les mĂ©crĂ©ants » (Coran 9/32).
Toute personne qui parle de la religion sans connaissance prĂ©alable suit lâordre du diable et commet un acte grave et blĂąmable, puisquâAllah, exaltĂ© soit-Il, dit (sens des versets) :
⹠« Ô gens ! De ce qui existe sur la terre ; mangez le licite pur ; ne suivez point les pas du Diable car il est vraiment pour vous, un ennemi dĂ©clarĂ©. Il ne vous commande que le mal et la turpitude et de dire contre Allah ce que vous ne savez pas » (Coran 2/168-169) ;
⹠« Dis : 'Mon Seigneur nâa interdit que les turpitudes (les grands pĂ©chĂ©s), tant apparentes que secrĂštes, de mĂȘme que le pĂ©chĂ©, lâagression sans droit et dâassocier Ă Allah ce dont Il nâa fait descendre aucune preuve, et de dire sur Allah ce que vous ne savez pas' » (Coran 7/33).
Et Allah sait mieux.
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