Je suis une jeune femme musulmane fiancée à un Britannique récemment converti à l’islam, qui souhaite m’épouser. Je l’aime et j’ai le sentiment qu’il a commencé à changer positivement depuis sa conversion. J’ai été à l’origine de sa découverte de l’islam et de sa conversion, mais il n’en est encore qu’au début de son apprentissage de la religion et ne sait pas encore accomplir correctement la prière dans son intégralité.
Il travaille comme disc-jockey (DJ). Cette activité fait partie de son travail et constitue l’une de ses sources de revenus, mais non la totalité de ceux-ci. Il considère la musique et le travail dans ce domaine comme son rêve et ne souhaite pas y renoncer. Actuellement, il n’est pas non plus convaincu que la musique soit interdite. Certaines des soirées dans lesquelles il travaille comportent de la musique, de la danse, de la mixité et de la consommation d’alcool. Lui-même ne boit pas d’alcool, mais il y travaille comme disc-jockey.
Personnellement, je n’écoute pas de musique et ne fréquente pas de tels lieux. J’ai le sentiment que je ne pourrais pas accepter que mon mari travaille dans cet environnement. Je suis également préoccupée par la part de ses revenus provenant de cette activité et je me demande s’il lui serait permis de l’utiliser pour subvenir à mes besoins et à ceux de notre future famille.
M’est-il religieusement permis de l’épouser dans cette situation ? Son activité de disc-jockey lors de soirées comportant de l’alcool, de la danse et de la musique est-elle interdite, bien qu’il ne boive pas lui-même d’alcool ?
Si seule une partie de ses revenus provient de cette activité, tandis qu’il possède d’autres sources de revenus, quel est le jugement relatif à l’argent gagné en tant que disc-jockey ? Lui est-il permis de l’utiliser pour subvenir à mes besoins en tant qu’épouse ?
Puis-je l’épouser en espérant qu’il changera à l’avenir ? Commettrais-je un péché ou serais-je en contradiction avec moi-même en l’épousant, alors que je ne peux accepter cet aspect de son travail, mais que je l’aime et espère qu’il changera et apprendra progressivement sa religion ?
Quel conseil religieux pouvez-vous me donner dans ma situation, d’autant plus qu’il est récemment converti à l’islam ? Je ne veux ni faire pression sur lui ni le contraindre à changer de vie. En même temps, je ne veux pas me marier pour ensuite vivre en conflit permanent avec ce que je considère comme interdit.
Qu’Allah vous récompense en bien.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Nous vous adressons nos félicitations et demandons à Allah de vous récompenser pour avoir été la cause de la guidée d’une personne vers l’islam.
Nous vous conseillons de consulter votre tuteur matrimonial ainsi que certaines personnes sages et avisées de votre famille, puis de demander à Allah, exalté soit-Il, de vous guider vers le meilleur choix en accomplissant la prière de consultation.
S’il vous est possible de dialoguer avec cet homme par l’intermédiaire de votre tuteur, de le convaincre de s’attacher fermement à la religion et de s’éloigner totalement des péchés, accomplissez alors la prière de consultation à son sujet et épousez-le.
En revanche, s’il persiste dans sa situation actuelle, continue de travailler dans des environnements où se trouvent de l’alcool et des instruments de musique, et considère cette activité comme « le rêve de toute sa vie », sans aucune volonté de changer, nous vous conseillons de ne pas l’épouser. En effet, travailler dans des soirées comportant de la musique, de l’alcool et de la danse est religieusement interdit, car cela constitue une aide directe à la désobéissance. Diffuser de la musique et gérer la sonorisation dans des assemblées où se trouvent de l’alcool, des tenues indécentes et de la danse relève de la participation à ce qui est répréhensible. Allah, exalté soit-Il, dit :
« Et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. » (Coran 5/2)
À cela s’ajoute le fait d’assister à des assemblées où sont commis des actes mensongers et interdits. Or, la religion interdit d’assister à de telles assemblées ainsi qu’aux réunions et aux tables où circule l’alcool.
Certains savants ont expressément indiqué qu’une femme ne devait pas s’engager dans un mariage avec un homme qui subviendrait à ses besoins au moyen de revenus illicites. Ad-Dusûqî a dit : « Quant au fait de subvenir aux besoins de l’épouse au moyen de gains illicites, le mariage n’est pas permis dans ce cas. » Fin de citation.
Plusieurs savants ont néanmoins considéré qu’il était permis d’effectuer des transactions avec une personne dont les biens mêlent revenus licites et illicites. Ils ont invoqué comme preuve le fait que le Prophète (
) traitait et commerçait avec les polythéistes, les Juifs et d’autres personnes, et acceptait leurs cadeaux, alors même que leurs biens comportaient assurément un mélange de revenus licites et illicites.
Certains savants ont également affirmé que celui qui souhaite bénéficier d’une partie des biens d’une personne dont les revenus sont mixtes doit avoir l’intention de prendre la part provenant de sources licites. Concernant l’interdiction de la musique, certaines des preuves qui l’établissent et l’explication de son incompatibilité avec l’attachement à la religion, veuillez consulter la fatwa no 113432 .
Et Allah sait mieux.
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